Une quinzaine riche en événements tennistiques s'est achevée dans les larmes hier au Sportpaleis d'Anvers. Après le retour de Justine Henin à Paris, la qualification de l'équipe belge de Coupe Davis en quarts de finale du groupe mondial aux dépens de l'Australie, les Belges ont encore vibré hier à la Métropole à l'occasion du dernier tournoi disputé par Clijsters sur le sol belge.

Hier, tout le monde avait au moins une bonne raison de pleurer à l'issue de la victoire en deux sets d'Amélie Mauresmo (6-4, 7-6). Des larmes de bonheur, contenues par respect pour Kim, de la Française qui venait de réaliser l'impossible rêve de ravir la raquette de quatre kilos d'or et de 274 carats de diamants d'une valeur estimée à un million d'euros. Des larmes de tristesse teintée de joie de Kim Clijsters qui faisait ses adieux à son public belge avec lequel elle a toujours entretenu un lien privilégié. Des larmes de nostalgie pour Bob Verbeeck qui achevait le chapitre "Kim Clijsters en tant que joueuse" de ses Proximus Diamond Games. Des larmes de déchirement pour Willy Henneuse qui voyait son "enfant", la raquette quitter le territoire. Et surtout des larmes de reconnaissance du public qui est venu remercier à une ultime reprise la native de Bree pour tout ce qu'elle a apporté - et qu'elle apportera encore d'ici l'été prochain - au sport de haut niveau en Belgique.

Si la finale d'hier fut un match des plus spectaculaires sur un plan sportif tant Amélie Mauresmo était au sommet de son art, elle entrera surtout dans la légende pour les émotions véhiculées. Souvent décriée comme une joueuse fragile et instable dans la gestion de ses émotions, Amélie Mauresmo a fait taire ses détracteurs d'un revers long de ligne. En effet, elle a, à tout moment, géré l'émotion et la pression faisant preuve d'une grande régularité tout au long du match. Pour sa part, Kim, qui n'a pu s'appuyer sur un service aussi performant qu'à l'accoutumée, a montré quelques signes de nervosité qui ont influé sur sa constance. Difficile de retenir ses larmes lorsque plus de 15000 personnes debout scandent votre nom durant de longues minutes, arborent des calicots vous rendant hommage, réalisent des "olas" interminables, rendant hommage à une carrière, certes trop courte, mais riche en exploits.

Kim Clijsters, qui aura encore l'occasion d'étoffer son palmarès au moins jusqu'à Wimbledon, a parcouru un sacré bout de chemin depuis son premier triomphe au Luxembourg le 26 septembre 1999, lors de sa première année en tant que joueuse professionnelle. En huit ans, la native de Bree a conquis 34 trophées dont deux en Masters et un en Grand Chelem, mais surtout Kim est parvenue à conquérir le coeur de tout un public grâce à sa simplicité et à sa gentillesse.

Si tous espèrent secrètement que l'ancienne numéro un mondiale revienne sur sa décision, la probabilité est faible même si l'après-midi d'hier lui a fait prendre conscience de la difficulté de se tenir à son premier choix.

Les ennuis physiques à répétition à son poignet gauche, à ses genoux, à sa hanche, son désir de se marier avec Brian Lynch durant l'été prochain et de fonder dans la foulée une famille, sa simplicité qui fait qu'elle est plus à l'aise comme ménagère que comme star à la Une des journaux, sa crainte des avions sont autant d'éléments qui laissent penser que sa décision est immuable. La recherche de plaisir a toujours primé sur la course à l'argent chez la Limbourgeoise.

Les nombreuses blessures qui ont émaillé ses huit années au plus haut niveau, ont amoindri la joie qu'elle prenait sur les courts vu que sa carrière ne rimait plus qu'avec "come-back". La sanction était dès lors inéluctable. Peut-être demandera-t-elle conseil à Martina Hingis qui, dégoûtée par de nombreux pépins physiques, avait pris sa retraite sportive durant trois ans, alors qu'elle n'avait que 22 ans, avant d'effectuer un retour remarqué dans le Top 10...

(Voir également pp. 28 et 38)