Le Sud-Coréen de 21 ans a marqué l’histoire de son sport en devenant le premier joueur frappé de surdité à remporter un match dans le tableau final d’un tournoi ATP.

Le Sud-Coréen Duckhee Lee est entré dans l’histoire du tennis, lundi. Il est devenu à Winston-Salem le premier joueur frappé de surdité à remporter un match dans le tableau final d’un tournoi ATP. Le joueur âgé de 21 ans est sorti victorieux de son 1er tour dans ce tournoi ATP 250, qui l’opposait au Suisse Henri Laaksonen (ATP 120).

Il a gagné 7-6 (7/4), 6-1 après 1 h 45 de jeu, non sans avoir dû gérer une interruption de cinq heures à cause d’un orage.

Il s’agissait pour le Sud-Coréen de sa toute première rencontre sur le circuit principal.

"Les gens se moquaient de moi pour mon handicap. Ils me disaient que je ne devrais pas jouer. C’était vraiment difficile, mais mes amis et ma famille m’ont aidé à avancer. Je voulais montrer à tout le monde que je pouvais le faire", a expliqué Duckhee Lee après sa victoire historique.

"Mon message pour les malentendants est de ne pas se décourager. Si vous vous donnez les moyens, vous pouvez tout faire", a ajouté le joueur figurant au 212e rang du classement mondial.

C’est à l’âge de 14 ans qu’il a disputé sa première épreuve de l’ATP Challenger Tour, dans lequel il est cantonné depuis les quatre dernières années. Après avoir joué presque exclusivement en Asie, il a atteint sa première finale en près de trois ans au Challenger de Little Rock (Arkansas) en juin dernier.

En 2018, il avait notamment perdu contre Ruben Bemelmans au 3e tour des qualifications de l’Open d’Australie.

Son handicap lui rend la vie dure. Il ne peut pas entendre les juges de ligne ni les annonces de score de l’arbitre de chaise : il doit donc s’en remettre à des gestes pour s’éviter toute confusion. Il ne perçoit pas non plus le bruit des balles.

En dehors des courts, il est obligé de se faire assister pour comprendre les questions des médias. Lee ne pratique pas le langage des signes, car il a appris à lire le coréen sur les lèvres lorsqu’il était enfant, et sa manière de s’exprimer n’est pas forcément facile à comprendre, même pour un Sud-Coréen.

Pour son deuxième tour, le jeune homme sera opposé au Polonais Hubert Hurkacz (ATP 40/N.3) et tentera d’avoir "la même attitude" : "Faire de mon mieux et voir ce qu’il se passe."