Il aurait pu gagner. Il aurait, quelque part, même dû gagner. Mais à l’arrivée, il a perdu. Lui aussi. Le treizième et dernier US Open de la carrière de Xavier Malisse (ATP 113) se sera résumé à sa plus simple expression avec une défaite au premier tour, mercredi soir, contre l’Italien Andreas Seppi (ATP 23). Sur le court n°7, le Courtraisien s’est incliné 6-3, 3-6, 7-5, 7-5 non sans avoir essayé de faire le maximum. Voici sa dernière interview depuis New York.

Xavier, quel est votre sentiment après cette défaite ?

Je pense qu’il s’agit de mon meilleur match de cet été, mais je suis évidemment déçu d’avoir perdu. Cela s’est joué sur un ou deux points dans le troisième set et sur un ou deux points dans le quatrième. Je ne sais pas si j’aurais dû gagner, mais j’aurais au minimum dû me retrouver au cinquième set. J’ai mené 3-2, 40-0 sur mon service dans la quatrième manche et je n’aurais jamais dû perdre ce jeu.

Ce genre de match doit tout de même vous encourager pour finir votre carrière en beauté, non ?

Oui, certainement. Là, je vais être amené à prendre des décisions, mais je reconnais que je suis content. J’ai réussi à tenir la dragée haute à quelqu’un qui figure dans le Top 25. J’ai même failli gagner. Le problème, c’est qu’il ne s’agit que d’une journée. Demain, je n’aurai peut-être plus envie. (sourire) Cela commence à être dur. J’ai mal partout quand je joue, au pouce, à l’orteil. J’ai tout donné, mais je ne peux pas faire ça toute l’année.

C’est donc le corps plus que la tête ?

Oui. Ce n’est pas vraiment le tennis. Les coups, je les aurai encore dans vingt ans, sauf si je grossis. (sourire) Je suis encore prêt à me lever le matin pour aller faire de la condition physique, mais après une heure, je suis au bout…

Que garderez-vous de ce dernier US Open ?

Cela fait longtemps, depuis la saison sur herbe en fait, que je n’avais plus pris autant de plaisir sur un court. J’ai disputé un bon match et il y avait une chouette ambiance dans les gradins. J’étais à deux ou trois points. Ces derniers temps, cela dit, ces deux ou trois points, c’est tout de même souvent moi qui les ai perdus. C’est peut-être aussi un signe…

Vous avez annoncé votre retraite. Comment aimeriez-vous achever votre carrière ?

Comme Zinedine Zidane.

Pardon ?

Oui, en donnant un coup de boule.

Et à qui envisagez-vous de le donner ?

A l’arbitre de chaise. (sourire) Plus sérieusement, c’est tellement dur de finir en beauté. Je ne me vois pas partir sur une victoire dans un tournoi Futures. Je ne pense pas que je me sentirais bien. C’est dans les levées du Grand Chelem qu’on veut réaliser des coups d’éclat.

Si vous pouvez choisir, quel serait le scénario idéal ?

Pouvoir affronter un cador du circuit sur le court central au deuxième ou au troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem. Un peu comme ce que j’avais vécu contre Federer l’an dernier à Wimbledon. Mais bon, je ne pense pas que je pourrai choisir…

Comment envisagez-vous la suite ?

Je vais prendre un jour de congé pour profiter de New York. Et ensuite, six mois de congé… (sourire) Je vais encore essayer d’entretenir ma condition physique afin de bien jouer à Orléans, à Mons et peut-être au tournoi ATP de Metz, si je rentre dans le tableau. Le but reste d’achever l’année dans le Top 100 afin de pouvoir disputer une dernière fois l’Australian Open. On verra…