ENVOYÉ SPÉCIAL À MUNICH

De rage, elle jette sa raquette sur sa chaise. Kim Clijsters ne tient pas à s'attarder sur le court: elle enfile son sac et se rue vers le couloir qui mène au Players lounge. Elle aura tout de même un petit geste pour remercier le public qui l'a soutenue, mais se rend bien compte qu'elle est passée tout près de l'exploit - en fait, à deux points du match - et tout ce qu'elle souhaite, c'est se retrouver seule dans son vestiaire pour se repasser le film du match dans la tête.

Un match un peu fou, qui n'avait pourtant réellement démarré qu'au troisième set. Auparavant, les deux joueuses avaient tour à tour dominé la rencontre, essentiellement en raison du faible niveau de leur adversaire.

Le premier set fut largement dominé par la Belge, mais il faut bien admettre que Davenport n'était alors que l'ombre de celle qui venait d'aligner une série de quatorze victoires consécutives : sa première balle au service - son principal atout- était désastreuse d'irrégularité et ses coups gagnants étaient très rares.

La seconde manche vit une baisse de régime, assez logique dans ces conditions, de Kim Clijsters, alors que Lindsay Davenport rentrait enfin dans la partie. Résultat des courses : 1-6 et 6-1.

Le troisième set, d'un niveau technique parfois approximatif, étant donné les prises de risque énorme des deux joueuses, mais d'une intensité réellement palpable, allait voir enfin un combat équilibré.

Dans ce genre de situation, c'est souvent la plus expérimentée des deux qui l'emporte. C'est ce qui s'est passé, surtout en raison de la différence de qualité de service et du fait que les coups d'attaque de Davenport faisaient beaucoup plus mal que ceux de la Limbourgeoise.

Mais c'est tout de même au tie-break que la décision s'est jouée, ce qui réduit quelque peu la déception de la Limbourgeoise. «C'est toujours frustrant de perdre de si peu, mais je ne dois pas être trop déçue, parce que je n'ai aucun reproche à me faire. J'ai joué le meilleur tennis que je pouvais pratiquer et je me suis battue jusqu'au bout. Je crois avoir évolué à un niveau élevé durant tout le tournoi. Il n'est pas facile d'élaborer et de se tenir à une stratégie face à une joueuse comme Davenport, mais je crois que j'ai fait une bonne partie du point de vue tactique».

Avant de terminer la saison à Madrid - on l'espère en beauté -, Kim peut tirer un premier bilan de son année 2001. «Ma progression a été très rapide, c'est vrai, poursuit la fille de Lei , mais je ne pense qu'elle fut trop rapide. Si j'ai tellement évolué cette saison, c'est parce que j'ai beaucoup travaillé pour cela et que j'ai joué chaque match pour le gagner. Je crois qu'après la phase finale de la Fed Cup, j'aurai bien mérité un peu de repos, en Australie».

© La Libre Belgique 2001