Les deux capitaines avaient logiquement remanié leurs troupes à l’aube de ce double capital lors de ces demi-finales de Coupe Davis. Leonardo Mayer remplaçait Diego Schwartzman. Johan Van Herck préférait, lui, le bouillant Steve Darcis au jeune Kimmer Coppejans.

"J’étais sûr de Ruben. Avec lui, j’hésitais entre Steve et David, avouait Van Herck. À l’unanimité, le groupe était favorable à Steve qui avait besoin de voir ce soutien."

Ce coup de poker s’imposait de lui-même à condition de rafler la mise hier. Il n’en fut rien. Durant un set et demi, il n’y avait carrément qu’une équipe sur le terrain. À 6-2, 5-2, le pari de Van Herck ressemblait surtout à un pétard mouillé. Si le Liégeois réalisait un match honorable, il était pénalisé par les nombreuses approximations à la volée de Bemelmans.

"Nous n’étions pas assez agressifs", analysait Steve Darcis. "Ils nous ont malmenés. Dans un même temps, nous ne jouions pas à notre niveau."

À 5-2 dans la 2e manche, la paire belge se nourrit enfin de l’énergie envoyée depuis les tribunes pour revenir à… 5-6. Sans être toujours convaincants, les Belges étaient plus efficaces. Le tie-break offrit le plus improbable des scénarii. L’arbitre italien Gianluca Moscarella tua, à lui seul, le duo tricolore. Un braquage à l’italienne.

Alors que les Belges menaient 1-0, l’Italien provoqua un mouvement de colère sans précédent. Une balle, annoncée out par le juge de ligne mais déjà jouée et ratée par Mayer, était à rejouer selon l’arbitre alors que Darcis avait clairement fait le point. Le trentenaire en jeta sa raquette. Bemelmans grimpa carrément sur la première marche de la chaise de l’arbitre. Van Herck ne calma pas le jeu. Le public siffla comme jamais. Le superviseur dut monter sur le court. Les deux camps tentèrent de ramener le calme. Le mal était fait. Au lieu de 2-0, les Diables sombrèrent et perdirent les 6 points suivants.

"C’était la plus mauvaise décision que je n’ai jamais vue de ma vie", pestait le jeune papa. "L’arbitre n’a pas assumé. Dommage. Dramatique. On a entendu le out deux secondes après sa frappe. À 2-0, rien n’était encore fait, mais nous étions mieux lancés dans le tie-break. On s’est vite remis dans le match. Les Argentins ont sorti le grand jeu."

Malgré ce cruel coup du sort, les protégés de Van Herck profitèrent d’un jeu blanc de Berlocq pour réaliser le break suffisant dans la 3e manche à 5-5. Malgré ce sursaut, la première balle de match tomba après 3h44 sur le service de Darcis. Bemelmans smasha pour repousser une échéance inéluctable lors du tie-break. Le couperet tomba sur un mauvais retour du Liégeois.

"Moralement, je pourrais me sentir mieux", poursuit Darcis. Demain (lisez: dimanche), je serai prêt. J’ai vécu beaucoup de tensions dans ce double. En deux jours, j’ai traversé deux grosses déceptions. Toute l’équipe se soutient. Que David affronte Mayer ou Schartzman, il y a des chances que le cinquième match soit décisif. Avec Ruben, nous nous soutiendrons. On a vécu une belle semaine ensemble. Si cela se passe mal dimanche, on l’aurait mauvaise. Une telle occasion ne se présentera pas deux fois."