Cela aura duré à peine un peu plus de trois quarts d'heure. Trois quarts d'heure durant lesquels Kim Clijtsers s'est sentie impuissante face à Lindsay Davenport, qui s'impose ainsi à la Limbourgeoise pour la quatrième fois en autant de rencontres.

Mais cette fois, sur le «Centre Court» baigné du soleil rougeoyant de cette fin de journée, Kim aura été, plus encore que les autres fois, dominée par sa surpuissante aversaire qui lui infligea un cuisant «un et deux», alors que Kim n'avait jusqu'ici perdu aucune manche.

«Contre cette Davenport-là, je ne peux rien faire, lâchait Kim, qui semblait peu abattue par la défaite. Je n'ai pas pu mettre assez de pression sur ses retours. Je perdais mon service assez facilement tout au long du match. J'ai déjà été proche de la battre par le passé, mais cette fois elle était simplement trop bonne.»

L'Américaine partageait la même analyse : «J'ai joué un solide match et j'ai fait à peu près tout ce que je voulais, mais je ne m'attendais pas à une rencontre aussi facile, surtout en quarts de finale. Je crois que Kim m'a beaucoup aidée à gagner. Elle n'a pas joué au niveau qu'elle peut atteindre. C'est une grande joueuse, ajoutait Davenport, mais je l'ai rencontrée trois fois en Grand Chelem et, à chaque fois, elle n'a pas réussi à développer son meilleur tennis.»

Ce qui est certainement dû au jeu de l'Américaine. «Je ne fais pas toujours nécessairement des coups gagnants mais j'essaie de frapper fort et profond, même si c'est en plein milieu du court. Ce n'est pas toujours aussi percutant que d'autres filles, mais c'est le job pour lequel je suis faite.»

Battue en simple, Kim Clijsters allait, à l'inverse de Justine Henin, pouvoir se consacrer au double. Peu après sa défaite en simple, elle remontait en effet sur le Central en compagnie de sa partenaire japonaise Ai Sugiyama, pour disputer un huitième de finale contre la paire composée de Conchita Martinez et Jelena Dokic.

En demi-finale du simple, Lindsay Davenport, troisième joueuse mondiale retrouvera Venus Williams, qui la précède d'une place au classement WTA, dans une rencontre qui s'annonce explosive. L'aînée des deux soeurs a en effet pris la mesure de Nathalie Tauziat, dont c'était le seizième - elle y a disputé la finale en 1998 - et dernier Wimbledon.

Comme Christophe Rochus contre Roger Federer, la Française de 33 ans a été dégoûtée par la puissance de son adversaire. «Heureusement qu'il y a des joueuses comme Justine Henin ou d'autres. Parce que j'ai parfois l'impression qu'on ne joue pas dans la même catégorie. Les joueuses comme Venus Williams sont fortes physiquement mais d'autres disposent de la technique qui permet de compenser. Il fallait bien qu'un jour je dispute mon dernier match à Wimbledon. C'était aujourd'hui.»

© La Libre Belgique 2001