Il est la meilleure chose qui peut arriver au tennis belge en ces temps de récession. Et il avoue volontiers qu’il nage en plein rêve. Quoi de plus normal. Vendredi dernier, David Goffin (ATP 109) aurait pu être à la maison avant même que Roland Garros ne commence après une défaite au 3e tour des qualifications. Et voilà que ce mercredi, sur le court n°1, il affrontera le vétéran Arnaud Clément (ATP 139) pour une place au 3e tour.

"C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance d’être repêché comme ‘lucky loser’, confia-il. Lorsque mon nom est sorti, j’avoue que j’ai eu peine à le croire. Maintenant, cela aurait été une mauvaise blague . Non, je ne suis pas allé brûler un cierge à l’église. Et puis, j’ai tout de même dû me battre pendant 4 heures pour en arriver là. Je n’ai pas battu Stepanek sur un claquement de doigts. J’ai eu un énorme sursaut d’orgueil. C’est fabuleux. Que du rêve !"

Puisqu’il rêve, rêvons un peu avec lui, alors qu’il est le seul des cinq Belges encore dans le tournoi à l’issue du premier tour. Vainqueur de Radek Stepanek, David Goffin a un très beau coup à jouer pour son premier Roland Garros. Feliciano Lopez (ATP 17), l’autre tête de série présente dans sa partie de tableau, ayant abandonné après 5 jeux, le grand espoir du tennis belge pourrait carrément poursuivre son aventure jusqu’en huitième de finale où l’attendrait son idole, Roger Federer (ATP 3).

"Je vous avoue que je n’ai pas osé regarder plus loin qu’Arnaud Clément", poursuivit le jeune Liégeois, qui sait peut-être qu’en cas de victoire, il défierait le Polonais Lukasz Kubot (ATP 49) ou le Français Florent Serra (ATP 156). "Je suis toutefois ravi que cela se produise ici. Paris est une ville incroyable ! J’y suis souvent allé sans mes raquettes. Je me rappelle même avoir vu jouer Filip Dewulf contre Clavet lorsque j’étais venu la première fois à Roland Garros. J’avais 6 ou 7 ans."

Ce mercredi, c’est donc Arnaud Clément qui l’attendra de l’autre côté du filet. Le Français, qui dispute à 34 ans son 15e et dernier Roland Garros, est clairement à la portée de David Goffin, d’autant qu’il a lui aussi dû puiser loin dans ses ressources pour battre le Russe Alex Bogomolov Jr (ATP 46). L’Aixois aura l’avantage de l’expérience, mais il n’est plus le joueur qui disputa la finale de l’Australian Open en 2001. Le Liégeois, lui opposera sa jeunesse et donc peut-être sa fraîcheur

"Oui, c’est faisable. J’ai les moyens de le battre" , glissa-t-il, alors qu’il est allé tranquillement taper la balle mardi après midi avec son coach Réginald Willems au stade Jean Bouin, loin de l’excitation de Roland Garros. "Ce sera un nouveau gros match. Clément a du physique. En plus, il dispute son dernier Roland Garros. Il va certainement s’accrocher jusqu’au bout. Maintenant, je n’aurai rien à perdre. Ce sera une nouvelle expérience très excitante "