Jacques Leriche est actuellement sur tous les fronts. Cet homme pressé s'accomode toutefois fort bien de sa nouvelle fonction de directeur sportif de l'Association francophone de tennis depuis le mois de mai. Une énième casquette pour le citoyen de Ghlin, pour qui les arcanes de la fédération ne recèlent plus aucun mystère depuis longtemps.

«Je suis effectivement passé par tous les échelons de l'AFT, depuis le mini-tennis jusqu'au sommet en passant par la formation des cadres, explique-t-il. C'est incontestablement un atout en tant que directeur sportif, que je définirais comme un rôle de communication, de supervision de l'ensemble des secteurs mais aussi de contrôle financier. Il s'agit d'une responsabilité importante: rentabiliser les budgets alloués par la fédération, d'une part, et par la Communauté française, d'autre part, implique une connaissance très poussée du mode de fonctionnement du tennis à tous les niveaux. Il est question de faire les bons choix.»

Rentabiliser les budgets

Celui de Jacques Leriche s'est porté sur un élitisme accru, quitte à réfréner les ardeurs de certains parents. «Je crois que la qualité compensera automatiquement le manque de quantité le cas échéant, argumente le directeur sportif de l'AFT. De toute manière, il ne faut pas leurrer les gens: seuls les meilleurs finiront par percer. Dans le contexte actuel, il est impératif de se montrer un tant soit peu exigeant si l'on veut arriver à des résultats. Les budgets dont nous disposons ne sont pas élastiques et mon rôle veut que je les rentabilise au mieux. Pousser les jeunes joueurs dans une voie plus professionnelle à partir de 11 ou 12 ans me paraît aujourd'hui indispensable, de manière à les rendre plus autonomes et, par conséquent, à les habituer à un certain rythme de vie, à une certaine forme de pression. A 14 ans, un joueur doit déjà avoir fait ses preuves en termes de résultats. C'est une manière de travailler plus radicale, ce qui peut paraître choquant dans un pays où l'on se veut généralement prudent. Mais attardez-vous sur l'âge des stars montantes actuelles et vous comprendrez qu'il faut désormais s'y prendre tôt. D'où l'intérêt d'accroître dans notre pays la pratique du mini-tennis et de la réglementer.»

L'importance des régions

Bien entendu, le raisonnement du dirigeant hennuyer s'accompagnera, sur le terrain, d'un encadrement irréprochable des jeunes joueurs. «Certes, les centres régionaux verront leur taux de fréquentation diminuer de manière significative, poursuit-il encore. Mais je veillerai à maintenir, tant au sein des clubs que dans les centres régionaux et chez les joueurs, le dynamisme nécessaire pour parvenir à nos fins. Si mon objectif est effectivement de recentrer les priorités de la fédération vers le sommet de la pyramide, je n'oublie pas l'importance des régions au niveau du recrutement et de la formation. Sans cet esprit d'équipe que je veux développer, ma mission serait d'ailleurs vouée à l'échec.»

© Les Sports 2003