Les Américains sont dans tous leurs états. Et ce n'est pas que la perspective d'une menace terroriste planant sur les festivités du jeudi 4 juillet, jour de l' Independence Day, qui les rend comme ça. Pour la première fois depuis... 80 ans, il n'y a plus un seul Américain présent dans le tableau masculin à l'aube de la 2e semaine à Wimbledon. Samedi, le dernier représentant du contingent de quatorze, le lucky loser Jeff Morrison (ATP 125) s'est incliné en trois sets contre le Néerlandais Sjeng Schalken (ATP 31). `C'est un désastre, glisse le truculent journaliste Bud Collins, l'encyclopédie vivante du tennis américain. Je ne m'attendais pas à monts et merveilles de la part de Pete Sampras, mais j'avoue qu'Andre Agassi m'a déçu. Mais bon, le pays n'en a pas vraiment été secoué. La saison de base-ball bat son plein. Et puis, le véritable désastre, c'est notre Président...´, sourit-il.

Inédit depuis 1922

Le tennis américain a toujours connu énormément de succès sur le gazon londonien. Bill Tilden, triple vainqueur dans les années 20, Donald Budge, lauréat à deux reprises avant la Seconde Guerre mondiale, puis Jimmy Connors et John McEnroe, lui aussi triple vainqueur, tous ont porté haut la bannière `Stars and Stripes´. Les années 1990 furent même de loin les plus fastes avec Agassi en 1992, puis Sampras, intouchable de 1993 à 1995 et de 1997 à 2000. Il faut, en réalité, remonter à 1922 pour retrouver trace de pareil échec sur le gazon londonien. Cette édition-ci, les Américains pouvaient pourtant toujours compter sur Pete Sampras, Andre Agassi, mais également Andy Roddick et autre Todd Martin pour défendre leurs couleurs, mais rien n'y a fait. `J'avoue que je ne m'attendais pas non plus à ce que pareille débâcle se produise si tôt dans le tournoi, expliqua pour sa part Jeff Morrison. Le tennis masculin américain n'est certes pas en crise. Il y a tout un groupe de jeunes joueurs qui arrive derrière, emmené par des garçons comme Andy Roddick et James Blake et dont je fais partie au même titre que Robby Ginepri, Mardy Fish et Taylor Dent.´

Le tennis américain, cela dit, a toujours les filles pour s'enthousiasmer à Wimbledon. En huitièmes, elles étaient encore au nombre de six, parmi lesquelles la qualifiée Laura Granville (WTA 134). Et certaines ne sont paraît-il pas trop mauvaises...

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