Le marché des paris sportifs sur Internet est estimé actuellement à plus de 15 milliards de dollars par an. Et il s'agit d'un business en pleine croissance, puisque ce montant devrait atteindre les 24 milliards de dollars d'ici cinq ans.

La grande majorité de ces paris concerne encore et toujours les compétitions de football, même si les internautes peuvent miser leur argent sur des dizaines de disciplines. Le site autrichien Bwin, leader mondial des paris en ligne, propose ainsi chaque jour jusqu'à 8 000 paris dans 80 sports différents.

Les sociétés actives sur ce créneau, qui sont souvent établies dans des pays où la réglementation est plutôt laxiste (Gibraltar, Malte,...), ont une réputation sulfureuse. En particulier parce qu'elles mettent à mal les monopoles dont jouissent les loteries nationales, qui les considèrent généralement comme étant tout simplement illégales. Il y a quelques mois, le patron de la firme suédoise de paris en ligne Unibet Petter Nylander a même été arrêté de façon spectaculaire aux Pays-Bas à la suite d'une plainte déposée par la Française des Jeux et le PMU (Pari Mutuel Urbain).

Timothy Mastelinck, le responsable marketing de Bwin en Belgique, estime que cette mauvaise réputation des sites de paris en ligne n'est pas justifiée. "Bien sûr que nous constatons qu'il y a parfois des sommes anormalement élevées jouées sur certains matches de tennis ou de football, mais nous sommes en général les premiers à dénoncer ce type d'anomalies. Nous ne profitons donc pas de ces paris. Au contraire, nous en sommes les victimes puisque cela ternit notre réputation", affirme-t-il.

Et le responsable de Bwin de préciser que sa société fait à la fois partie de l'Association européenne des jeux et des paris (EGBA), qui a adopté un code de conduite présenté comme "un réel engagement de la part de ses membres à adopter une attitude socialement responsable dans la conduite de leurs sites", et de la European sports security association (ESSA), une association dont le but est de repérer les paris sportifs frauduleux en coopération avec quelques-unes des principales fédérations sportives (ATP, WTA, Fifa, UEFA, etc).

"Interdire les paris sur Roland Garros serait une mesure tout aussi extrême et injustifiée que d'interdire le tiercé par exemple, dit encore Timothy Mastelinck. Ce n'est pas à nous de régler le problème des sportifs qui parient, mais aux tournois et aux fédérations". Il est vrai qu'un verdict défavorable devant la justice liégeoise pourrait faire perdre plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires aux sociétés de paris en ligne...