C'était il y a dix ans. Amélie Mauresmo remportait l'Australian Open en battant Justine Henin dans une finale tronquée par l'abandon de la Rochefortoise en raison de maux d'estomac alors que la Française menait 6-1, 2-0, 30-0. Dimanche soir, la Parisienne était à nouveau dans la Rod Laver Arena, mais dans les tribunes cette fois, pour voir son protégé, Andy Murray, s'incliner une cinquième fois en finale à Melbourne après une quatrième défaite contre Novak Djokovic 6-1, 7-5, 7-6 (7/3).

"Je n'ai rien à dire", glissa d'ailleurs l'ancienne n°1 mondiale, visiblement bien plus déçue que son joueur, à la meute de journalistes qui l'attendaient à la sortie du stade. A la place, elle partit chercher un peu de réconfort dans les bras de son fils Aaron avant de prendre la direction de l'aéroport pour rentrer à la maison par l'avion de 3h du matin.

Amélie Mauresmo, en revanche, s'est montrée bien plus loquace quand il s'est agi de revenir sa victoire contre Justine Henin en 2006, qui coïncidait avec son premier titre dans une levée du Grand Chelem. Et à lire entre les lignes ses propos livrés au quotidien L'Equipe, la Française garde toujours en travers de la gorge le comportement de sa rivale belge. "Je ne vais réaliser que le lendemain. Et d'un coup, j'ai les boules. Je me dis : +Non mais, attends, elle a fait ça ! Il restait trois, quatre jeux et elle a arrêté.+ Pourtant, elle n'était pas à l'agonie. Franchement, tu ne peux pas faire ça."

Ce qui a le plus déçu Amélie Mauresmo, c'est le fait que Justine Henin ne se soit jamais excusée. Le coach d'Andy Murray, qui allait battre Hénin à la régulière six mois plus tard en finale à Wimbledon, lui a aujourd'hui pardonné. Enfin, on peut le supposer. "Ça a mis du temps. Tant que je jouais, jamais vraiment. Elle m'avait volé un moment. Et des moments comme celui-là, ils sont rares", a-t-elle conclu.