Novak Djokovic, le N.1 mondial, a été mis en difficulté pour la première fois de la quinzaine par Lleyton Hewitt, lundi à Melbourne, mais il fera tout de même partie du parterre royal des quarts de finale de l'Open d'Australie. Chez les dames, l'Américaine Serena Williams manquera, elle, le rendez-vous après avoir concédé sa première défaite depuis 2008 en Australie.

C'est une vision inhabituelle à laquelle ont eu droit les spectateurs de la Rod Laver Arena, quand Djokovic a concédé son premier set du tournoi à Hewitt, qui l'avait précédé à la place de N.1 en 2001 mais n'est plus aujourd'hui que 181e mondial.

Le vieux lion australien a continué à rugir alors qu'il était mené deux sets à zéro et 3-0. Comme à son habitude, il s'est battu jusqu'à sa dernière goutte d'énergie avant de s'incliner (6-1, 6-3, 4-6, 6-3) face au tenant du titre, qui n'a pas paru aussi serein que d'ordinaire.

"Il faut lui rendre hommage, car il n'abandonne jamais", a réagi sur le court Djokovic, qui sera soumis à un autre test intéressant en quarts contre la tête de série N.5, David Ferrer.

L'Espagnol est loin d'être spectaculaire, mais il passe rarement à côté d'un match. Le Français Richard Gasquet (N.17) l'a constaté, en s'inclinant sur un score sans appel (6-4, 6-4, 6-1), dans l'un des matches les plus attendus de la journée.

Une demi-finale contre Andy Murray (N.4), revanche de la finale 2011, se profile tout de même pour Djokovic. L'Ecossais n'a passé que 49 minutes sur le court, avant de voir le Kazakh Mikhail Kukushkin abandonner (6-1, 6-1, 1-0).

Les huit meilleurs joueurs du monde - si on considère que l'Argentin Juan Martin Del Potro, actuellement N.11 après son retour de blessure, appartient à ce club très fermé en lieu et place de l'Américain Mardy Fish - seront en quarts, sauf un: le Français Jo-Wilfried Tsonga.

Le finaliste 2008, qui va devoir reporter de quelques semaines ses ambitions de prendre la place de N.5, sera remplacé par Kei Nishikori (N.24). Celui-ci est devenu, en le battant 2-6, 6-2, 6-1, 3-6, 6-3, le premier Japonais à atteindre les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem dans l'ère Open (depuis 1968).

Pour les surprises, il faut une fois de plus se tourner vers le tableau féminin, où deux joueuses classées au-delà de la 45e place se sont hissées en quarts. La Russe Ekaterina Makarova, 56e mondiale, a créé une vraie sensation en écartant 6-2, 6-3 Williams (N.12), qui restait sur 17 victoires consécutives à Melbourne.

L'Américaine, qui compte 13 titres du Grand Chelem à son palmarès et s'est imposée cinq fois en Australie (2003, 2005, 2007, 2009, 2010), ne s'y était plus inclinée depuis un quart de finale perdu en 2008 contre la Serbe Jelena Jankovic. Elle était absente sur blessure l'an passé.

"J'ai servi... Je ne peux pas décrire la manière dont j'ai servi, pour être honnête", a-t-elle déclaré, dépitée. "Je peux servir mieux que ça avec la main gauche à vrai dire. C'était désastreux vraiment."

Makarova, dont ce sera le premier quart de finale dans un tournoi du Grand Chelem, affrontera sa compatriote Maria Sharapova (N.4), qui a dominé sans éclat (3-6, 6-2, 6-3) l'Allemande Sabine Lisicki (N.14), qu'elle avait battue en finale de Wimbledon l'an dernier.

Il y aura une autre novice en quarts: l'Italienne Sara Errani. La 48e mondiale atteint pour la première cet échelon, grâce à sa victoire sur la Chinoise Zheng Jie (6-2, 6-1). Elle sera confrontée à la Tchèque Petra Kvitova (N.2), victorieuse (6-2, 7-6 (7/2) de la Serbe Ana Ivanovic (N.21).