A égalité avec la Serbie après les deux premiers simples, la France a tout intérêt à gagner le double samedi pour prendre une option sur la victoire en finale de la Coupe Davis à Belgrade.

Traditionnel point charnière, le double prend une importance encore plus grande lorsque le score est nul après la première journée, comme c'est le cas après les victoires expéditives de Gaël Monfils sur Janko Tipsarevic (6-1, 7-6, 6-0) et de Novak Djokovic sur Gilles Simon (6-3, 6-1, 7-5).

Un coup d'oeil sur les statistiques le confirme: la France a gagné 81% des 47 rencontres dans lesquelles elle est passée de 1-1 à 2-1 grâce au double. Cela a été le cas lors de ses deux dernières victoires en Coupe Davis, à Malmö en 1996 et à Melbourne en 2001, où les Bleus avaient d'ailleurs gagné, comme à Belgrade, le premier point du vendredi avant de perdre le deuxième.

C'est dire l'importance du combat que vont livrer Michaël Llodra et Arnaud Clément, samedi à partir de 15h00, face à Nenad Zimonjic et Viktor Troicki, même si Guy Forget s'attend à ce que Troicki laisse sa place à Djokovic. "Etre à égalité après le premier jour était prévisible. On s'attendait que le double allait être crucial, maintenant, il va l'être", a souligné le capitaine français.

Retrouver les deux équipes à égalité vendredi soir signifie aussi que le premier simple de dimanche entre Djokovic et Monfils aura, quoiqu'il arrive, un enjeu lourd avant un éventuel cinquième match décisif entre les N.2.

C'est une perspective extrêmement séduisante vu l'éclatante santé affichée vendredi par les deux leaders, impressionnants lors de leurs victoires certes logiques mais extrêmement limpides dans une Belgrade Arena à peine tiède. "Ca peut être une bombe ce match là", a estimé Forget, ravi de voir Monfils jouer aussi "bien au tennis" sur une "surface qui lui convient à merveille".

Si Djokovic a déjà pu étaler son tempérament de leader à de nombreuses occasions en Grand Chelem, Monfils a prouvé qu'il pouvait lui aussi avoir l'étoffe d'un héros en remportant son quatrième simple de suite en Coupe Davis. Oublié le couac de Maastricht, où il avait bazardé sa première sélection en 20O9 face aux Pays-Bas. Aujourd'hui, le Parisien assure sous la pression et c'est au contraire son adversaire, pourtant plus expérimenté, qui a disjoncté.

Tipsarevic a craqué à chaque virage important de la rencontre, commençant le match par deux doubles fautes, perdant ses nerfs dès le premier point du tie-break du deuxième set et son jeu entier dans le troisième.

Monfils a lui tenu son rang avec prestance et a rappelé celui qu'il remplace dans le rôle de la locomotive, Jo-Wilfried Tsonga, forfait sur blessure et supporteur bruyant en bord de court en compagnie de Julien Benneteau. "Il s'est rassuré sur sa capacité à être bon et n'a pas laissé de plumes dans ce match, c'est plutôt bon pour Gaël", a applaudi Forget, le joueur lui-même s'étant auparavant fendu d'un éloquent "bravo Gaël!". Mais la France a fini par perdre son premier match à enjeu cette année en Coupe Davis. Il n'y a pas vraiment de regrets à avoir car Djokovic, sous pression après la défaite de son lieutenant, a évolué à un niveau très élevé et rien ne dit que Llodra, préservé pour le double, aurait fait mieux.

"On aurait aimé que Gilles puisse garder Djokovic sur le terrain un peu plus longtemps, il aurait pu grappiller le troisième set et fatiguer Djokovic un peu plus, mais Gilles n'a pas à rougir", a souligné Forget, les yeux déjà tournés vers un double qui comptera triple.