Les pendules ont été remises à l'heure. Le duo de Steven Martens s'est révélé un duo gagnant. Le capitaine belge avait choisi en effet de placer Olivier Rochus aux côtés de Kristof Vliegen pour affronter l'une des meilleures paires de double au monde pour le moment. Wayne Black et Kevin Ullyett n'en sont pas encore revenus. O. Rochus et Vliegen se sont imposés 7-6 (7/4), 6-7 (4/7), 6-4 et 6-2 en 3 heures et 3 minutes de jeu. La Belgique mène désormais 2 à 1 face au Zimbabwé à l'issue de la deuxième journée du second tour de la Coupe Davis, zone Euro-Africaine, samedi au Hall des Sports de Tournai.

«J'ai beaucoup discuté avec mon staff», explique Steven Martens. «On avait prévu Christophe Rochus, puis l'idée de mettre Olivier a germé. J'ai d'abord parlé avec Xavier (Malisse), mais il est primordial pour lui de se consacrer entièrement au simple. Et puis avec Olivier et Kristof, je sentais que l'envie de vraiment gagner était là. Ils ont montré aussi contre l'Espagne et l'Autriche qu'ils étaient complémentaires. Ils ont profité de cette expérience.»

Olivier Rochus avait en effet une belle occasion de rendre à Wayne Black la monnaie de sa pièce après la victoire surprise la veille du Zimbabwéen sur l'Auvelaisien dans le premier simple. Bien dans les retours, bon dans son service, le numéro 2 belge s'est montré le complément idéal pour Kristof Vliegen, excellent à la volée et dans son service.

«Je n'étais pas loin de mon meilleur niveau», avouait après-coup, revanchard, le joueur de Maaseik. «Je suis très content pour la Belgique, et pour moi aussi. J'avais une revanche personnelle à prendre. Après ma finale à Adélaïde au début 2003, beaucoup de gens m'ont mis très haut, puis m'ont cassé ensuite six mois après. J'ai prouvé aujourd'hui que l'on pouvait compter sur moi. Je sais aujourd'hui quelles sont les personnes qui croient vraiment en moi. Et je remercie Steven Martens de la confiance qu'il m'accorde.»

Breakés tôt dans les deux premiers sets face au duo zimbabwéen, Olivier Rochus et Kristof Vliegen ont refait leur retard pour jouer le set dans le jeu décisif. Gagné dans le premier, perdu dans le second.

«Il fallait absolument frapper sur tous les retours», expliquait Martens en abordant la tactique mise au point. «Black et Ullyett font toujours des signes dans le dos, mais c'était trop confus pour les décortiquer. Il fallait frapper et y aller à fond pour ne pas avoir de regrets. L'objectif était double. Essayer de gagner bien sûr, et si pas, prolonger le match au maximum pour fatiguer Wayne Black.»

Mais lorsque le duo belge s'est emparé du troisième set 6 à 4, la Belgique entrevoyait au bout le succès. «Mais je n'y ai vraiment cru que dans le quatrième set au moment du double break», confiait Steven Martens.

Menés 0-2 dans cette quatrième manche, les Belges ont aligné ensuite 6 jeux d'affilées et pris à trois reprises le service des Africains, visiblement très surpris du haut niveau de jeu proposé par la paire belge, pour s'offrir, cerise sur le gâteau, une victoire. Avec la manière et de nombreux coups gagnants qui plus est. Lâchant leur coup et au culot, les deux jeunes Belges ont créé la surprise pour (re)placer la Belgique sur les bons rails. Dimanche, Xavier Malisse (ATP-58), numéro 1 belge, aura l'occasion de donner le point victorieux face au numéro 1 zimbabwéen, Wayne Black (ATP-364).