La finale n'a pas tenu ses promesses sur le court. En coulisses, par contre, elle a été très animée. Dans la tribune présidentielle, le gotha politique belge était installé aux premières loges. Au premier rang, le prince Philippe était assis au côté du Premier ministre, Guy Verhof- stadt. «Le match a été beaucoup plus facile que prévu. Justine était la meilleure!» convenaient-ils à l'unisson en quittant le stade. Didier Reynders, Laurette Onkelinx, Joëlle Milquet, Claude Eerdekens et Elio Di Rupo étaient également présents. «Mais il n'était pas question de parler de politique!» souriait Laurette Onkelinx. L'affaire Bruxelles-Hal-Vilvorde ne fut donc pas abordée. D'ailleurs, à Paris, BHL évoque surtout... Bernard-Henry Levy! Lors de la réception organisée après la partie à l'initiative de la Fédération belge de tennis, chacun soulignait, surtout, la prestation de la lauréate. «Elle possède vraiment un revers phénoménal!» confiait Didier Reynders qui nous apprit avoir donné des cours de tennis lorsqu'il était plus jeune. «Une fois de plus, elle a été notre fierté!» ajoutait Claude Erdekens, ministre des Sports de la Communauté française. Même le nouveau statut de résidente monégasque ne parvenait pas à freiner l'émotion de nos plus hauts représentants. Les notes de la Brabançonne, jouée sur le court central, étaient encore, il est vrai, présentes dans toutes les oreilles. «Justine est belge et c'est le plus important!» commentait Verhofstadt. «Il s'agit d'un choix privé. Et c'est le drapeau belge qui flotte toujours au mât de ses victoires. Par ailleurs, nous réfléchissons toujours à la réduction de la fiscalité liée au travail. Et pas seulement pour les champions de haut niveau... » ajoutait Didier Reynders, ministre des Finances. A l'émotion de la victoire de Justine Henin s'ajoutait, bien sûr, la détresse de Mary Pierce. «J'en avais parfois pitié. Ses larmes m'ont vraiment fait de la peine!» confiait Laurette Onkelinx. Et c'est vrai que la Française, partagée entre le bonheur d'avoir participé, à 30 ans, à une finale et la tristesse de l'avoir ratée, avait bien des raisons d'user les mouchoirs. Justine Henin, très occupée par ses obligations médiatiques, n'eut guère l'occasion de saluer tout ce beau monde venu de Belgique. Elle trouva juste le temps de faire un petit saut, en direct, dans les journaux télévisés de RTL et de la RTBF. Elle posa une dernière fois pour les photographes avec son beau trophée entre les mains. Dehors, on entendait encore les chants de victoire des centaines de supporters belges, drapés aux couleurs de la nation et qui n'hésitaient pas à sortir tambours et trompettes pour fêter le succès de leur Juju nationale. Puis, elle s'éclipsa avec son cercle d'amis très proches pour une soirée dans un restaurant parisien où, paraît-il, Pierre-Yves avait prévu de boire quelques verres d'alcool, histoire d'assumer un pari. A propos de paris, Justine Henin et François Pirette ont prévu de sauter prochainement en... parachute!

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