Elle le dit sans aucune forme de dénigrement. «Sur le papier, nous devons perdre 5-0!» En l'absence de Justine Henin et de Kim Clijsters, Els Callens sera la chef de file de l'équipe belge qui affrontera, dans une ville de Moscou touchée par la neige, les Etats-Unis en demi-finale de la Fed Cup. «Même si l'équipe américaine est également déforcée par les absences des soeurs Williams, de Davenport et de Capriati, notre tâche s'annonce particulièrement délicate. Mais bon, il faut y croire. En Fed Cup, tout est toujours possible. Cette compétition défie les lois de la logique. Imaginons que je remporte l'un de mes simples ou qu'une de nos adversaires se blesse. Nous pourrions très bien, avec un peu de chance, nous retrouver à jouer notre qualification au double décisif. En tout cas, nous n'aurons rien à perdre...» L'Anversoise a déjà marqué sa déception quant au forfait de l'Ardennaise et de la Limbourgeoise. Elle trouve leur décision regrettable, d'autant qu'elle hypothèque largement les chances de la Belgique dans cette phase finale, mais elle ne souhaite pas épiloguer sur le sujet. «La saison a été longue pour tout le monde. Je me sens aussi fatiguée physiquement et mentalement.»«A mon âge, je dois faire nettement plus d'efforts pour me maintenir à niveau. Cela fait dix jours que je m'entraîne en vue de ce rendez-vous. J'espère que je serai à la hauteur, car cette compétition me tient fort à coeur.»

«Pas la patronne»

Els Callens fera donc, en quelque sorte, office de mère poule pour les petites jeunes que sont Caroline Maes, Elke Clijsters et Kirsten Flipkens. Avec sa timidité légendaire, certes, elle refuse de se mettre en avant. «C'est vrai que je possède de loin le plus d'expérience, mais je ne pense pas que je doive endosser ce rôle!, glisse-t-elle. Il y a un capitaine. Moi je ne suis qu'une des membres de l'équipe. Je ne suis pas la patronne. Et puis, je ne vois pas très bien ce que je leur dirais. La jeunesse d'aujourd'hui sait déjà tout mieux que quiconque. Elke et Kirsten ont dix-huit ans. Elles savent ce qu'elles veulent. Il n'empêche, cette semaine sera enrichissante pour elles.»

Avec ses 33 ans, Els Callens ne sera d'ailleurs pas la joueuse la plus âgée à disputer cette phase finale de la Fed Cup. Dans l'équipe des Etats-Unis, figure effectivement une certaine Martina Navratilova, âgée, elle, aujourd'hui de 47 ans. «Je trouve remarquable qu'elle soit encore capable d'évoluer à pareil niveau, mais d'un autre côté, c'est assez triste à son âge (47 ans) de ne pas avoir d'autres centres d'intérêt.....»

© Les Sports 2003