Et tout ça grâce à la success story belge
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Et tout ça grâce à la success story belge

PAR LAURENT GÉRARD

Publié le - Mis à jour le

ENTRETIEN

Athlète demi-finaliste des Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984, sur 5 000 mètres et champion d'Europe l'année suivante, Bob Verbeeck s'est reconverti dans le marketing et l'organisation d'événements et de compétitions de haut niveau.

Après avoir fait ses classes dans l'athlétisme - Nuit de l'athétisme, championnat du monde de cross-country,... - et dans le cyclisme - GP Eddy Merckx,... - il est devenu, via la société Octagon pour laquelle il travaille, le directeur du premier Proximus Diamond Games Antwerp. Cette nouvelle mouture du tournoi WTA d'Anvers débute ce vendredi au Sportpaleis, pour se terminer le dimanche 17 février, par une finale que l'on espère flamboyante.

Comment a germé l'idée d'un tournoi WTA de grande envergure à Anvers?

Il y a deux ans, nous nous sommes dit: `Pourquoi pas un grand tournoi dans notre pays?´ Anvers, avec son riche passé sportif (NdlR: les Jeux olympiques en 1920, le tournoi ATP ECC,...), nous a paru un endroit idéal pour le monter. Mais nous ne voulions pas d'un tournoi de quatrième catégorie (NdlR: comme le défunt 110 000 dollars organisé ces dernières années par Serge Haubourdin, le mari de Sabine Appelmans), parce que les gens veulent voir des vedettes. Cependant, dans l'agenda surchargé de la WTA, il n'était pas facile de trouver une date pour un tel tournoi.

Heureusement, la success story de Kim et Justine est venue à notre secours. Grâce à leurs beaux résultats, nous avons eu de plus en plus de contacts avec l'agence Octagon aux Etats-Unis. Et nous avons finalement trouvé un accord, pour plusieurs années, avec Gilles Moretton, le patron du tournoi de Nice, pour occuper la date de l'épreuve niçoise.

Quand avez-vous reçu l'accord de la WTA?

Au début du mois de novembre 2001, ce qui ne nous laissait pas beaucoup de temps pour mettre l'événement sur pied, surtout avec la période des fêtes de fin d'année, où rien ne se décide. Mais nous avons rapidement obtenu l'accord de Justine Henin et Kim Clijsters quant à leur participation. Elles ne demandaient pas mieux de disputer un grand tournoi devant leurs supporters. Nous avons achever de convaincre les patrons de la WTA en leur envoyant une cassette vidéo du tournoi exhibition, The Brilliant Game, entre Kim et Justine au mois de novembre, pour prouver le succès de notre organisation.

Mis à part Kim et Justine, comment a-t-il été possible de faire venir des stars à Anvers?

Le règlement de la WTA prévoit que, dans un tournoi doté de 585 000 dollars, comme le nôtre, le plateau doit être composé d'une joueuse du Top 3, d'autant de joueuses du Top 10,... Sinon, la WTA nous verse un dédommagement. Mais je préfère bien sûr voir une Jennifer Capriati ou une Venus Williams à Anvers plutôt que de toucher une prime, même conséquente.

Nous n'avons pas dû approcher les vedettes nous-mêmes. La société Octagon gère les intérêts de certains joueurs (Lleyton Hewitt, Jelena Dokic,...), ce qui facilite les choses. Pour les autres, Octagon a pris contact avec d'autres sociétés de management sportif comme IMG,...

Quels sont les arguments à faire valoir pour les convaincre?

Les joueuses n'ont aucune garanties. Ce n'est pas comme en cyclisme, où certains coureurs touchent une prime de départ (1). Les arguments sont donc le prize-money, la voiture que remporte la gagnante, le trophée en diamant accordé à celle qui gagnera trois fois le tournoi en cinq ans et aussi le fait qu'en venant à Anvers, une joueuse dispute l'un des tournois que la WTA lui impose de jouer sur une année.

Pensez-vous rentrer dans vos frais?

Nous avons pris un risque, c'est certain. Le budget total se situe entre 3 et 3,75 millions € (entre 120 et 150 millions BEF). Si la vente des tickets se poursuit bien durant la compétition, on pourrait équilibrer le budget. C'est toujours la première année qui est la plus difficile.

Que peut-on vous souhaiter?

Étant donné le forfait de Kim Clijsters, j'espère que Justine sera bien concentrée sur son tournoi. Je préfère la voir en finale plutôt que n'importe quelle autre star.

(1) Selon d'autres sources, bien informées, les meilleures joueuses exigent bel et bien une somme d'argent, variable selon l'importance de la compétition, pour relever le tournoi de leur présence.

© La Libre Belgique 2002

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