Le Suisse Roger Federer, champion sortant et tête de série N.1, a conservé son titre en battant difficilement l'Américain Andy Roddick (N.2) 4-6, 7-5, 7-6 (7/3), 6-4, en 2 h 30 min, dans la finale du simple messieurs du 118e tournoi de tennis sur gazon de Wimbledon, dimanche.

Egalement vainqueur des Internationaux d'Australie à Melbourne au début de l'année, le N.1 mondial a obtenu ainsi son troisième titre dans les tournois du Grand Chelem, le sixième cette saison et le dix-septième dans sa carrière, à 22 ans.

Finaliste pour la première fois, Roddick, 21 ans, qui lui a tenu la dragée haute, devra patienter jusqu'à l'année prochaine pour espérer le battre sur sa surface favorite.

Avec 24 victoires de suite sur gazon, Federer est devenu le deuxième meilleur spécialiste du genre derrière le Suédois Bjorn Borg, qui en avait aligné 41 entre 1976 et 1981.

Durement éprouvé par la fin de sa demi-finale contre le Croate Mario Ancic (63e mondial), la veille, alors que Federer avait passé une petite demi-heure assez confortable en compagnie du Français Sébastien Grosjean (N.10), Roddick s'est néanmoins présenté en constestataire remonté comme un coucou suisse. En face, le tenant du titre donnait l'impression d'être aussi motivé que la vache prénommée Juliette que ses compatriotes lui ont offerte après sa victoire l'an dernier.

En fait, il n'était pas dans un jour étincelant, ce qui rendit son démarrage encore plus modéré que de coutume. A tel point qu'il laissa échapper son service dès le troisième jeu, à la suite de deux revers cafouillés, pour être mené 2-1 et ne le revit plus avant la fin du premier set.

Intervenu au beau milieu de cette manche, le premier arrêt dû à la pluie n'avait eu apparemment aucun effet sur les deux joueurs. Sans doute avait-il opéré souterrainement, car au début du deuxième set, Roddick connut une soudaine dépression qui lui fit perdre deux fois son service.

A 4-0, le nombre de ses fautes directes s'éleva à une unité près (19 contre 20) à la hauteur de ses coups gagnants. Cependant, Federer se retrouvait souvent hors de position ou dans une mauvaise position pour frapper ses coups. Cette situation devenue tout à fait insolite chez lui lui fit perdre son énorme avantage à 4-4, alors qu'en d'autres temps, il aurait mis le turbo pour s'échapper irrésistiblement.

Un retour de service accrochant le filet et retombant du bon côté procura au Suisse une balle de break dans le dernier jeu, qu'il s'empressa de convertir d'un passing en coup droit.

Il était mené au score 4-2 dans le troisième set quand la pluie imposa un deuxième arrêt, long de 40 minutes. Au retour, le ressort du coucou Roddick était cette fois-ci nettement détendu. L'Américain perdit donc son avantage puis le jeu décisif, au profit d'un adversaire demeurant imperturbable mais jouant à un niveau bien inférieur à celui de la finale de l'an dernier.

Dans le dernier set, Roddick reprit peu à peu du poil de la bête. On arriva ainsi au 6e jeu, avec Federer au service, qui fut d'une intensité démentielle. Rassemblant héroïquement ses restes d'énergie, Roddick, qui venait d'obtenir un jeu blanc, réussit des prodiges et arracha deux balles de break. Mais à la deuxième, il expédia un coup droit dans le filet, avant d'être cloué deux fois sur place par un revers croisé puis par un ace.

Dans le jeu suivant, ce fut lui qui céda son service avant que la partie ne trouve sa conclusion avec un douzième ace de Federer. C'est la première fois depuis 1999, après Andre Agassi vainqueur à Roland-Garros et à l'US Open, qu'un joueur gagne deux titres du Grand Chelem la même année.