Roger Federer retrouve un Novak Djokovic toujours en course pour une saison presque parfaite, samedi en demi-finale de l'US Open, avec l'ambition de lui gâcher la vie une deuxième fois cette année.

La seule "vraie" défaite de Djokovic cette saison (pour 62 victoires) est venue de la raquette de Federer en demi-finale de Roland-Garros dans ce qui reste un match des plus beaux matches de l'année, qui avait sonné le glas de l'invraisemblable série de 41 victoires d'affilée du Serbe en 2011.

Les deux champions ne se sont plus affrontés depuis et tout semble réunis pour que leur choc new yorkais fasse presque autant d'étincelles. "Je ne sais pas si cette victoire de Roland-Garros va m'aider, a dit le Suisse. C'était un match spécial". Ce succès avait soulagé le Suisse car il avait été précédé de trois défaites en deux mois (Open d'Australie, Dubaï, Indian Wells) face à un Djokovic qui avait pris l'ascendant psychologique.

Mais si le N.1 mondial arrive tout auréolé de sa saison magnifique et surhumaine, il a vécu des départs difficiles au deux tours précédents, face à Alexandr Dolgopolov et à Janko Tipsarevic. Le Suisse, lui, a paru plus souverain lors de ses deux derniers matches, face à Juan Monaco et Jo-Wilfried Tsonga. "J'ai pris un bulldozer dans la figure", avait commenté l'Argentin après avoir été corrigé par un Federer qui jouait sur une autre planète. Le Français a plus sobrement indiqué que le Suisse était "capable de gagner le tournoi". "Quand il est en confiance, c'est dur de le jouer. Ce n'est pas lui qui a perdu son tennis mais les autres (Djokovic) qui ont progressé."

Federer semble faire profil bas cette année à New York, laissant les feux des projecteurs à la +Djokomania+ ou à Rafael Nadal, qui défraye rarement la chronique autant qu'ici, entre l'épisode spectaculaire de ses crampes en conférence de presse ou son coup de gueule contre les organisateurs. Mais on sent le Bâlois animé d'un zeste de confiance de soi. "Jouer Novak, c'est le plus grand des défis en ce moment dans le tennis mais je me sens prêt, je joue bien", assure le Suisse, dont ce sera la 8e demi-finale d'affilée à Flushing Meadows et la 4e consécutive face au Serbe à New York.

Car si Djokovic voudra sa revanche de Roland-Garros, Federer voudra peut-être celle de l'an dernier à New York. Il avait été battu en cinq sets alors qu'il s'était procuré deux balles de match. Cette défaite difficile à avaler l'avait empêché de jouer une 7e finale consécutive à New York, une ville où il a remporté cinq de ses 16 titres du Grand Chelem. "Novak a eu un chemin assez facile jusqu'en demi-finale mais moi aussi, estime le Suisse. J'ai vraiment dominé mes matches et j'espère utiliser contre lui toute cette confiance accumulée. Nous n'avons aucun secret l'un pour l'autre: nous nous sommes affrontés plus de 20 fois, avec des matches particulièrement bons à l'US Open. J'ai la sensation que là, ça va pareil."

Si Federer butait sur l'obstacle serbe, il finirait une saison sans titre du Grand Chelem au compteur pour la première fois depuis 2002, lui qui n'a plus gagné en Grand Chelem depuis l'Australie 2010 (soit six tournois d'affilée).