Les amis et rivaux de longues dates sur les courts, Roger Federer et Rafael Nadal ne sont plus sur la même longueur d'ondes hors des courts lorsqu'il s'agit de défendre leurs intérêts face aux autorités de l'ATP. Nadal a décidé de démissionner de son poste de vice-président du Conseil des joueurs. Les discussions sur le système du classement des joueurs, la distribution des primes dans les tournois et la longueur de la saison ont eu raison de l'unanimité entre les deux champions qui ont régné sans partage sur le tennis masculin depuis une dizaine d'années jusqu'à l'ascension l'an dernier de Novak Djokovic.

La discorde entre Nadal et Federer, qui n'est pas officielle, couvait depuis plusieurs mois. Les divergences entre Federer, qui reste président du Conseil des joueurs, et Nadal sont apparues lors des réunions avec les dirigeants de l'ATP.

Federer ne veut pas à l'inverse du Majorquin changer la manière d'établir le classement mondial des joueurs. Nadal voudrait le voir établi sur deux ans plutôt que sur 12 mois. Selon, le Bâlois ce sytème empêcherait les jeunes de percer dans ce classement.

Federer a aussi joué un rôle prépondérant dans la non élection de l'ancien joueur néerlandais Richard Krajicek à la tête de l'ATP au profit de l'Australien Brad Drewett qui était son candidat. Un différend entre les deux hommes a aussi empêché en juillet dernier la mise en place d'une exhibition au stade Barnabeu de Madrid, celui du Real Madrid cher à Nadal.

"Nous avons deux caractères totalement différents" a déclaré Nadal qui est plus latin et qui ne supporte plus toujours le calme olympien de Federer. Comme lors du dernier US Open, quand la pluie a annulé quatre journées et que des bruits de grève circulaient. Nadal avait estimé que Federer ne défendait pas suffisamment le droit des joueurs.

"Nous ne nous sentons pas protégés" avait-il déclaré à l'époque. "Les joueurs sont des éléments du spectacle et nous devrions avoir voix au chapitre. Nous travaillons dur et nous voulons nous sentir bien quand nous sommes en tournoi. Nous devons être unis, c'est la seule manière de changer les choses. J'ai envie de jouer l'US Open mais je ne me sens pas en sécurité sous la pluie."

En janvier, à l'Open d'Australie, de nouvelles idées de grève avaient été avancées mais les agendas et plans de carrière de la centaine de joueurs consultés avaient empêché la prise de la moindre décision.