Federer (ATP 1) est bien le maître du monde. Le Suisse au tennis d’une précision horlogère a montré qu’il était décidément trop fort pour le reste de la planète tennis en balayant, dimanche, James Blake (ATP 8) 6-0, 6-3, 6-4 en finale du Masters de Shanghai pour récupérer son bien et clore une saison phénoménale par un 12e titre en 17 tournois disputés. Le Bâlois a frisé la perfection pour surclasser l’Américain, le dernier des huit qualifiés, en 1h37 et décrocher, à 25 ans, le 45e trophée, déjà, de sa carrière.

“C’est assez incroyable de finir l’année avec cette victoire au Masters”, déclara-t-il, le sourire aux lèvres. “C’est à l’évidence l’épilogue parfait d’une incroyable saison. A certains moments, je jouais si bien que j’étais bien obligé d’en sourire. Tout ce que je tentais m archait”, ajouta le numéro un qui a remporté là son 92e match de l’année et son 29e consécutif.

Après avoir remis, la veille, son jeune inquisiteur Rafael Nadal (ATP 2) à sa place dans ce qui est peut-être parti pour constituer l’un des grands duels du sport mondial, Roger Federer a parachevé son œuvre en balayant du court James Blake, tombeur du tenant du titre David Nalbandian (ATP 7). La raquette conquérante, le Suisse a apporté une nouvelle preuve de l’étendue de son talent, faisant quasiment ce qu’il voulait avec la balle pour mater sans donner l’air d’y toucher un adversaire un tantinet émoussé par un sprint haletant pour arracher sur le fil sa place à ce Masters.

“Le meilleur de tous les temps”

“Aujourd’hui, il n’y avait rien à faire, rien”, glissa le New-Yorkais, qui hérita pourtant de 11 balles de break mais ne réussit à en convertir qu’une seule, lorsque la messe était dite, tant le Bâlois multiplia les coups d’extraterrestre. “Il est trop fort. Il n’y a pas assez d’adjectifs pour qualifier son excellence. C’est le meilleur joueur de tous les temps. Il est incroyable. ”

James Blake, qui n’eut rapidement plus rien à perdre, tenta pourtant régulièrement le tout pour le tout et appela même Hawk-Eye, l’œil électronique, à la rescousse mais rien n’y fit. Roger Federer était trop fort. Premier joueur à atteindre quatre finales consécutives au Masters depuis Ivan Lendl, qui en disputa neuf entre 1980 et 1988, le Suisse conclut son récital par un jeu blanc pour effacer avec brio la déception vécue l’an dernier contre David Nalbandian dans un match où il avait mené deux sets à rien. “Il s’agit sûrement de l’un des meilleurs matches de ma carrière, si pas le meilleur”, poursuivit le Bâlois. “Dès les premiers jeux, j’ai senti que j’étais dans un bon jour.

Mes coups partaient bien. Ma plus grande satisfaction est d’avoir réussi à conserver un niveau de jeu très élevé pendant tout le match. La façon dont j’ai joué du fond du court est assez incroyable.”

Véritable casse-tête chinois pour ses adversaires, Roger Federer a clos à Shanghai de la plus belle des manières une saison époustouflante où seul en somme Roland-Garros se sera refusé à lui par la faute d’un certain Rafael Nadal. Premier joueur à dépasser la barre des huit millions de dollars de gains en une année, recordman du nombre de points ATP, il est même déjà assuré de battre, fin février 2007, le nombre de semaines consécutives à la place de numéro un détenu actuellement par Jimmy Connors avec le total de 160.

“Cela a vraiment été une année exceptionnelle, avec des victoires énormes”, glissa-t-il encore. “Je n’ai pas de mots pour la décrire. J’ai fait en sorte de me donner les meilleures chances à chaque tournoi mais j’ai quand même réussi à me surprendre.”

Réussira-t-il à faire encore mieux l’an prochain ?