Tennis

«Fini les complexes«

SERGE FAYAT

Publié le - Mis à jour le

ENVOYÉ SPÉCIAL AUX ETATS-UNIS

NEW YORK Elle se sera réveillée, dimanche matin, avec de tout petits yeux. Programmée en 4e match, samedi, Justine Henin-Hardenne aura pratiquement fini par éteindre les lumières et tirer les volets à Flushing Meadow après une journée surréaliste marquée par une interruption de trois heures en raison de la pluie.

L'essentiel, cela dit, c'est qu'elle se qualifia facilement en disposant de la gauchère Japonaise Saori Obata (WTA 75) 6-1 et 6-2 en 55 minutes. «Ce fut une bien longue journée, soupira-t-elle sur le coup de 23 h, dans la grande salle d'interview du stade Arthur Ashe devant une poignée de journalistes. Je ne m'attendais pas du tout à ce que cela se passe ainsi, que je sois obligée de changer de court parce que de l'huile avait été déversée dessus, mais j'étais prête pour n'importe quelle situation. Il y a un an, c'est certain, j'aurais été nettement plus perturbée. Pour tuer le temps, j'ai dormi, discuté avec Pierre-Yves et Carlos, mangé quelque chose et même tenté ma chance au putting. J'ai perdu, comme d'habitude...» sourit-elle.

Au lieu de jouer sur le Grandstand vers 18h, c'est finalement sur le court n°11 que l'Ardennaise monta passé 21h. La faute en incomba à la pluie, bien sûr, mais également à une perte d'huile de la machine supposée assécher le court.

«Cela a fait rire beaucoup de monde, surtout lorsque de l'eau fut déversée pour soi-disant résoudre le problème, mais moi j'avoue que je la trouvais plutôt mauvaise. Me retrouver sur ce court n°11 pourri, où j'avais perdu contre Amélie Mauresmo et Daniela Hantuchova, ne m'amusait pas spécialement. Mais bon, j'ai essayé de prendre les choses avec philosophie...» Même si elle s'est habituée à l'ambiance qui y règne, Justine Henin n'aime pas trop jouer en soirée à l'US Open. Portant des lentilles de contact, elle est plus gênée que d'autres en raison de l'éclairage ainsi que du vent qui assèche ses yeux. La lauréate de Roland-Garros, cela dit, n'a une nouvelle fois guère dû forcer son talent pour venir à bout d'une adversaire qui excelle probablement mieux, comme mentionné dans sa biographie, dans le karaoké qu'elle ne joue au tennis.

«Je n'ai pas encore été testée dans le tournoi, c'est vrai, mais j'ai fait ce qu'il fallait pour me retrouver en huitièmes de finale. Je n'ai pas encore sorti le grand tennis, même si j'ai très bien joué au deu- xième tour, mais je travaille de manière à mettre mon jeu en place pour la suite. Je sais que la clef, sur dur, est de venir au filet pour moi et je m'y attelle.»

La Rochefortoise n'a jamais dépassé le cap des huitièmes de finale à Flu- shing Meadow. C'est la troisième fois d'affilée qu'elle s'y retrouve. Cette année, certes, elle possède toutes les chances de combler cette lacune. Tête de série n°2 du tableau, elle rencontrera ainsi, lundi, la jeune Russe Dinara Safina (WTA 71), soeur de Marat Safin, qui se retrouve à ce stade pour la première fois de sa vie. «Il s'agit d'une jou- euse qui monte et que je devrai prendre au sérieux. Je crois que c'est la première fois qu'elle arrive si loin dans une levée du Grand Chelem. Elle n'aura dès lors rien à perdre. Moi-même je n'ai jamais été plus loin ici, mais j'arrive à évacuer cette pression qui pourrait reposer sur mes épaules. J'ai passé des caps sur le plan psychologique suite aux diverses épreuves que j'ai traversées. Je ne fais plus de complexes vis-à-vis d'autres jou- euses ou du type de surface. Je sais par mes victoires à Dubaï, San Diego et Toronto que je suis capable de très bien jouer sur dur. Et puis, j'ai d'autres objectifs qu'une simple place en quarts de finale.» Elle devrait d'ailleurs y figurer sans problème. Même si elle venait à être programmée sur le court n°11...

© Les Sports 2003

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