Elle a levé les bras et hurlé sa joie après un dernier ace confirmé par l’arbitrage vidéo tellement elle était fière de son exploit. Kirsten Flipkens a ajouté mardi soir un grain de folie supplémentaire à un Wimbledon 2013 déjà surréaliste en se qualifiant pour la première fois pour les demi-finales d’une levée du Grand Chelem ! Sur le Centre Court, avec le toit fermé en raison du mauvais temps, la petite Campinoise, 27 ans, a battu Petra Kvitova (WTA 8), lauréate de l’édition 2011, 4-6, 6-3 et 6-4 au bout de 2h05 de jeu.

"C’est extraordinaire !", s’est-elle exclamée à sa sortie du court. "C’est plus qu’un rêve qui se réalise. C’est même ridicule. L’an dernier, je n’avais même pas pu entrer dans les qualifications ici car j’étais retombée à la 262e place mondiale. Et me voici en demi-finale. Je ne pouvais pas espérer mieux. J’étais très calme en montant sur le court, car je n’avais rien à perdre, et j’ai lâché mes coups. Petra jouait vraiment très bien dans le premier set. J’ai dès lors dû frapper encore plus fort. Vous ne pouvez pas imaginer comme je suis heureuse…"

C’est effectivement extraordinaire ce qu’est en train de réaliser Kirsten Flipkens. Il y a un an, la native de Geel semblait perdue pour le tennis à la suite de problèmes de stase veineuse qui l’avaient fait rétrograder dans les tréfonds du classement mondial. La voilà aujourd’hui en demi-finale à Wimbledon après avoir joué comme une grande sur ce Centre Court qu’elle foulait pour la première fois, frappant 7 aces et 23 coups gagnants pour couper l’herbe sous le pied de la longiligne Tchèque, diminuée par un virus.

"Je ne sais pas quoi dire. Je n’en ai même pas les larmes aux yeux", ajouta-t-elle, en même temps qu’elle apprenait que Kim Clijsters l’avait suivie avec passion sur Twitter depuis les Etats-Unis. "Kim est une des rares personnes qui a encore cru en moi l’an dernier lorsque j’ai eu tous mes problèmes. Je la remercie en même temps que mes sponsors. Elle a toujours été là pour moi. Je peux m’entraîner dans son académie et je m’y sens super bien. En outre, gagner le jour de l’anniversaire de ma maman rend les choses encore plus belles…."

Dans l’inconnu

La belle aventure continue donc pour ce petit bout de femme à peine plus haut que trois balles de tennis qui a épaté les Britanniques par son toucher de balle et son relâchement. Wimbledon est la seule levée du Grand Chelem qui s’est toujours refusé à la Belgique, mais qui sait si cette année ne pourrait pas être la bonne vu la tournure des événements ? Il n’est en tout cas plus sot de l’imaginer alors que Kirsten Flipkens affrontera jeudi Marion Bartoli (WTA 13), tombeuse de Justine Henin en 2007, pour une place en finale.

"Bartoli, j’avoue que je ne la connais pas du tout", glissa-t-elle encore. "Je ne l’ai d’ailleurs encore jamais rencontrée. Tout ce que je sais, c’est qu’elle a déjà atteint la finale ici une année (NdlR : en 2007, donc) et qu’elle frappe tous ses coups à deux mains. Je n’ai donc aucune idée de ce qui m’attend. En outre, je n’aime pas trop la regarder", sourit-elle. "C’est une fille qui s’accroche, une battante. Je serai à nouveau l’outsider, comme je le serai jusqu’à la fin du tournoi désormais. Je n’aurai donc rien à perdre. A fond pour cette banane !", sourit-elle.