Emu aux larmes, Germain Gigounon s'est allongé sur le dos au terme de sa finale de l'Astrid Bowl. Devant un public entièrement acquis à sa cause (des dizaines de Binchois avaient évidemment fait le déplacement pas très important puisque l'Astrid se joue à Charleroi), il s'est battu comme un beau diable tout au long de cette finale un rien décousue.

En réalité, le jeune Belge - il vient de fêter ses dix-huit ans - a fait preuve d'une audace assez incroyable vu la situation. Il n'est en effet jamais simple de jouer devant toute sa famille et ses amis un match aussi important. Pourtant, dès le début de la finale, Germain a osé. On n'écrira pas qu'il a tout le temps pratiqué son meilleur tennis (celui de la demi-finale était d'un niveau supérieur, reconnaîtra-t-il lui-même), mais, chaque fois qu'une ouverture se présentait à lui, il y allait. Jamais, sauf sans doute à la fin du deuxième set, Germain n'a retenu son bras. Avec son superbe revers à une main, il a au contraire réussi à déstabiliser son adversaire, plus timoré que lui. Si on osait, on écrirait que Gigounon a joué avec ses tripes. Alors que beaucoup d'autres se seraient contentés d'attendre la faute adverse de peur de mal faire, lui, a pris ses responsabilités. Et c'est grâce à ce tempérament qu'il a finalement inscrit son nom au palmarès de l'épreuve carolorégienne, l'une des plus importantes du monde pour les joueurs de 18 ans et moins. Ce succès, Germain Gigounon l'aura certainement dédié à sa famille et au président de la région du Hainaut qui était, lui aussi, ému aux larmes (diantre, c'est la première fois qu'un Hennuyer gagne l'épreuve).

Pour des raisons diverses qui, quelles qu'elles soient, sont inacceptables, il y avait bien peu de représentants du centre fédéral de Mons et de l'AFT dont Germain a été exclu il y a deux ans.

Parce que, disait-on, "il n'était pas assez fort mentalement". Inacceptable car un directeur fédéral n'est pas responsable que des joueurs de son centre mais bien de tous les joueurs francophones. Il était donc logique et obligatoire que la direction sportive soit mieux représentée. Heureusement, l'ambiance était telle à l'Astrid que le vainqueur du jour n'aura sans doute pas trop pensé à cela. Il pensait davantage à ses examens scolaires qu'il passera dans quelques jours. Par contre, il ne se rendra ni à Roland Garros, ni à Wimbledon car son classement au moment de l'inscription pour ces deux rendez-vous n'était pas suffisant. Il le sera pour l'US Open où Germain se rendra fin du mois d'août... Avec son grand-père Francis ? Ce serait une belle récompense...