Fernando Gonzalez (ATP 9) s'est montré l'égal de Roger Federer, vendredi à Melbourne, pour mériter le droit de retrouver le Suisse, dimanche, à l'apothéose de l'Australian Open. Le natif de Santiago a sorti une nouvelle prestation sublime pour détruire Tommy Haas (ATP 12) 6-1, 6-3 et 6-1 en 1h31 à peine et devenir le premier Chilien depuis Marcelo Rios ici même en 1998 à atteindre une finale d'une levée du Grand Chelem. Dans la Rod Laver Arena, il a frappé la bagatelle de 42 coups gagnants et a commis seulement trois fautes directes pour ne faire qu'une bouchée de l'Allemand.

"Je n'ai encore jamais connu la chance de disputer une finale d'une levée du Grand Chelem , mais je suppose qu'il faut un début à tout", confia-t-il à l'issue de sa superbe démonstration. "Je savoure mon tennis à l'heure actuelle. Ce soir, j'ai réellement bien joué. Il ne m'était encore jamais arrivé de ne faire que trois fautes directes dans un match. Et encore, l'une d'entre elles était vraiment stupide", sourit-il. "Pendant de nombreuses années, je commettais 45 fautes directes pour deux coups gagnants. Alors vous pouvez imaginer mon bonheur."

Une nouvelle opportunité

C'est fou, d'ailleurs, ce qu'une année peut faire comme différence dans la vie d'un joueur de tennis. L'an passé, Fernando Gonzalez avait perdu au premier tour à Melbourne contre l'Américain Alex Bogomolov, issu des qualifications. Depuis qu'il a croisé la route de l'Américain Larry Stefanki, à la veille de Roland Garros, il s'est toutefois métamorphosé.

Arrivé en Australie avec l'espoir de confirmer son excellente fin de saison, il a dépassé ses espérances, s'offrant au passage les scalps de Lleyton Hewitt, James Blake et de Rafael Nadal. Vendredi, jour de l'Australia Day, la fête nationale, c'est même quelque part lui qui a tiré le feu d'artifice. Mais pourra-t-il, pour autant, battre Roger Federer, dimanche ?

"Ce sera un match très difficile. Roger est le numéro un de loin. Il est le favori. Je ne l'ai jamais battu. Mais bon, cela fait quatre mois que je pratique de l'excellent tennis. Je fais ce que je veux avec mon coup droit. Ce sera le match le plus important de ma vie et je vais tâcher de faire de mon mieux. Je me sens bien, je n'ai pas dû puiser dans mes réserves. Je n'ai aucun avantage par rapport à lui, mais chaque match représente une nouvelle opportunité. Et celle-ci est vraiment très agréable. Roger développe un tennis fabuleux, il est le meilleur joueur de ces dernières années. Il gagne tout. Il faudrait qu'il perde de temps en temps. Et je vais essayer que ce soit le cas dimanche..."

De son côté, Tommy Haas, impuissant face à Gonzalez, s'attend à une belle rencontre, dimanche. "S'il continue à maintenir ce niveau, il y aura match contre Federer. Ca peut être une superbe finale."

© La Libre Belgique 2007