Pour la première fois de la semaine, Justine Henin a avoué avoir été rattrapée par les émotions après sa défaite (7-6, 6-4) face à la jeune Tchèque Lucie Safarova en demi-finale de l'Open Gaz de France. "J'avais de mauvaises sensations, confiait la Rochefortoise. J'étais trop intolérante avec moi-même. J'ai dû gérer beaucoup d'émotions cette semaine. C'était mon premier tournoi après les événements privés que vous connaissez. C'était courageux de le jouer à Paris, dans une ville qui m'est si chère et où j'ai tant de souvenirs. Ce n'était donc pas facile. Aujourd'hui (N.D.L.R. : samedi), sur le court, j'ai parfois éprouvé quelques difficultés à trouver ma concentration. Mais c'est normal. Il faut que je trouve de nouveaux repères. Il faut que je reprenne le dessus peu à peu. Il y a une sérénité à retrouver. Je vais de mieux en mieux. Je suis sur la bonne voie. Il faut juste un peu de patience..."

Les paroles de Justine sont sobres et laissent, en héritage, quelques messages. Il faut lire entre les lignes pour comprendre que sa séparation d'avec son mari pèse encore sur son moral et donc, en filigrane, sur son tennis. Comment pourrait-il en être autrement chez une femme si sensible ? Mais, en championne pur-sang, elle reprend vite le dessus.

"Je dois être positive. Certes, cette défaite en deux sets face à Safarova me fait mal. Je n'aime pas perdre. Mais, dans l'absolu, je suis satisfaite de mon tournoi. J'étais venue ici avec l'objectif de disputer quelques matches. J'en ai joué trois face à des adversaires de très bon niveau (Loit, Golovin et Safarova, NdlR.). Il n'est jamais simple de reprendre la compétition après trois mois d'absence. Je suis plutôt rassurée..."

Il n'empêche que sa défaite face à Safarova lui reste au travers de la gorge. Henin a en effet mené dans les deux sets (5-2 dans le premier et 4-2 dans le second). A 5-2, elle a même bénéficié de trois balles de première manche sur le service de sa rivale. Mais elle n'a pu concrétiser. "Même lorsque je menais, je ne me sentais pas à l'aise. Cela n'enlève rien aux mérites de Safarova qui a livré un très grand match. C'est une joueuse qui monte. Elle possède un service redoutable et elle attaque sur toutes les balles avec une rare détermination. En plus, elle n'avait rien à perdre..."

Le nouveau jeu de Justine

Plutôt que de se lamenter sur cette demi-finale ratée, Justine préfère mettre en exergue l'aspect positif de son retour à la compétition et notamment ses nouvelles intentions tactiques. Tout au long du tournoi, elle a affiché un jeu très offensif.

"Le travail effectué ces derniers mois avec Carlos Rodriguez commence à porter ses fruits. J'essaie d'aller constamment vers l'avant, de tenter des services-volées ou des retours-volées. Tout n'est pas encore parfait mais les automatismes sont là. Ce type de jeu me permet de m'écono miser et trouble mes adversaires. Il me reste à trouver un équilibre."

De son propre aveu, son jeu a fort évolué. "Il n'a plus rien à voir avec celui que je pratiquais il y a un an" analyse-t-elle.

"C'est une autre Justine" confirmait d'ailleurs Tatiana Golovin qui n'avait plus joué contre la Rochefortoise depuis deux ans. Derrière la déception de sa défaite se cachent donc de réels sujets de satisfaction.