Avant de s'envoler pour Monte Carlo pour profiter d'une semaine de repos méritée vu sa fin de saison tonitruante, Olivier Rochus est revenu sur la nouvelle ère qui s'ouvre sur le circuit ATP, celle de la chasse aux sorcières.

"En huit ans sur le circuit professionnel, non seulement je n'ai jamais été approché par la mafia mais en plus, aucun de mes adversaires n'a jamais balancé son match", souligne le petit Auvelaisien. "Maintenant, cette affaire va retomber. Il suffit que l'ATP en chope deux ou trois pour que les parieurs soient refroidis. Il ne faut pas ternir l'image du circuit. Les matches truqués ne représentent même pas 0,01pc. Je ne suis pas tenté par les paris mais je comprends que certains joueurs, qui rament, le soient. Ils peuvent gagner 10 000 dollars en une rencontre sans se fatiguer."

Les propos du pensionnaire du Top 50 sont confirmés par d'anciens joueurs du circuit, aujourd'hui retraités. A l'époque, les joueurs étaient bien loin du tennis-business qui brasse des sommes d'argent considérables. "Je me souviens de l'époque où avec d'autres joueurs, nous passions, après le petit-déjeuner, par Ladbrokes", relate le Français Guy Forget, capitaine de Coupe Davis et retraité du circuit en tant que joueur depuis 1997. "Avant, nous pouvions parier sur les matches. Nous pariions 50 livres. Par exemple, je misais volontiers Wayne Arthurs à Wimbledon pour ses qualités au service. Ensuite, nous allions au stade. Sur ma carrière, j'ai peut-être gagné 500 livres. Ça a duré deux ans. Maintenant, je crains la mafia. Laisser filer un match est très grave. Je reconnais qu'il est possible de perdre volontairement une rencontre sans que les meilleurs experts ne puissent déceler la supercherie. L'affaire doit être prise au sérieux car les enjeux sont considérables. Il faut absolument des lois européennes. La meilleure solution ? Clôturer les séances de paris avant le premier jour d'une compétition."