ENVOYÉ SPÉCIAL À PARIS

Nous voilà donc mûrs pour une demi-finale belge avec, des deux côtés du filet, nos deux super-championnes! Et bien malin qui peut, aujourd'hui, prévoir le scénario de ce dix-huitième duel entre les deux jeunes femmes qui fera vibrer, jeudi, le Central parisien. «Je suis sûre que Kim vous a dit que je serai la favorite. Mais, pour moi, ce sera du 50-50. Même si elle apprécie davantage les surfaces plus rapides, elle a gagné de nombreux tournois sur terre battue et elle a même disputé deux finales à Roland Garros. C'est dire si elle est redoutable sur cette surface. Mais je comprends qu'elle souhaite s'enlever de la pression. On est toutes pareilles...», explique, un zeste d'ironie dans la voix, Justine Henin.

La Rochefortoise admet qu'un match face à Kim Clijsters est toujours différent et spécial. «On s'est déjà affrontées à de nombreuses reprises mais il y a toujours un petit quelque chose de particulier lorsqu'on se retrouve face à face. C'est normal! On vient toutes les deux du même pays, on se connaît depuis longtemps. Ceci dit, s'il existe bien sûr une grande rivalité sportive, il y a aussi beaucoup de respect...»

On sait que les relations entre les deux joueuses belges ont parfois été très tendues ces dernières années. Depuis le récent match de Fed Cup face à la Russie, qui s'est disputé à Liège en avril dernier, elles sont redevenues plus cordiales. «On se redit bonjour. Certes, on ne va pas manger ensemble le soir durant le tournoi mais il n'y a plus de malaise. Kim m'a souhaité bon anniversaire l'autre jour. Et je ferai bien sûr de même jeudi...»

Deux jours de préparation

Même le calendrier se mêle de donner encore plus de piment aux matches entre les deux joueuses belges! Mais revenons à la journée d'hier où, en quart de finale, Justine Henin s'est imposée logiquement (7-5, 6-2) face à Ana-Lena Groenefeld (WTA 14). Ce succès n'a cependant pas été très convaincant. Durant une majeure partie de la rencontre, c'est l'Allemande qui a en effet dirigé les échanges en frappant sur toutes les balles et en écourtant au maximum les échanges. «Carlos Rodriguez m'avait prévenue que ce ne serait pas une rencontre facile. Groenefeld m'a empêché de trouver mon rythme et d'entrer vraiment dans la partie. Elle prend beaucoup de risques sur toutes ses frappes et pratique un tennis qui m'a fait penser à celui de Lindsay Davenport. Chez elle, c'est point gagnant ou faute directe...»

Les statistiques de l'Allemande sont, à ce sujet, éloquentes avec 27 points gagnés et 47 fautes non provoquées. Malmenée dans le premier set, qu'elle remporta difficilement 7-5 après avoir été menée 5-4, Justine domina plus largement le second qu'elle s'adjugea 6-2. «J'ai gagné en deux sets, c'est le plus important. J'ai plutôt bien servi, c'est également positif. Il me reste deux jours pour préparer ma demi-finale...»

Ce ne sera pas un luxe car, de son propre aveu, Henin n'est pas au mieux de sa forme physique. Ces soucis médicaux expliquent peut-être l'apparente passivité de Justine, hier, face à Groenefeld. Mais on peut être sûr qu'elle fera tout pour être à cent pour cent jeudi pour ce choc que toute la Belgique du tennis et d'ailleurs attend!

© Les Sports 2006