Justine, encore

M. V.H. Publié le - Mis à jour le

Tennis Ce n'est pas que ça devient lassant, loin de là même, mais Justine Henin-Hardenne a remporté sa troisième finale en grand chelem, une nouvelle fois contre Kim Clijsters. 6-4 4-6 6-3 pour la Rochefortoise qui a confirmé, au cours de cette quinzaine, que c'était bien elle la numéro un.

Une nouvelle fois, donc, nos deux représentantes s'affrontaient avec pour objectif une victoire dans un des tournois majeurs et la place au faîte du classement mondial. Diminuée par sa cheville mais encouragée par les Aussies, Clijsters ne voulait pas une nouvelle fois courber l'échine si près du but. Henin, pour sa part, voulait confirmer les progrès montrés depuis l'an dernier (notamment lors de son US Open impressionnant) et étaler ses ambitions pour le futur.

La table était mise, mais aucune des deux ne semblait prendre le dessus en début de partie. Henin cherchait ses marques mais servait très bien, Clijsters n'était ni trop nerveuse ni hyper agressive. Mais à 2-2, 30-0, la Limbourgeoise connut un relâchement coupable, offrant quatre points à son adversaire qui n'allait par la suite plus laisser échapper son avance. C'est sans vraiment forcer son talent que Henin remporta donc la manche 6-3 contre une adversaire qui n'avait pourtant pas démérité, mais un moment d'égarement avait fait la différence.

Que faire pour battre, ou au moins inquiéter, cette fille en rouge, qui n'a rien d'un chaperon et qu'aucune louve du circuit féminin ne semble pouvoir croquer ? Rien, semblait-il durant quinze jeux. Clijsters avait beau jouer risqué, prudent, relax, énervée, tout ce qu'elle faisait était voué à l'échec. Telle un métronome, une machine à gagner rappelant Sampras à sa grande période, Henin sortait les bons coups aux bons moments, laissant toujours la menace loin derrière elle. Elle était, en fait, la seule à pouvoir s'inquiéter elle-même. Et quand elle fit le break et prit un avantage de 4-2 dans le deuxième set, la voie royale lui semblait ouverte.

C'est donc au seizième jeu que Clijsters, enfin, eut sa première balle de break, deux même puisqu'elle menait 15-40. Et encore, c'était grâce à une double faute coupable de son adversaire, suivie d'un ace magistral. Mais celle qui fut numéro un mondiale en simple et en double à la fin de l'année dernière ne laissa pas passer sa seconde chance de revenir dans le parcours. Et là, enfin, on vit la véritable Clijsters, celle qui domine sans pitié toutes ses adversaires, offre un tennis d'attaque chatoyant, la seule capable en ce moment de tenir tête à la numéro un mondiale.

Oui mais voilà, à ce moment de la partie, c'est Henin qui connut une baisse de régime et, à nouveau, le duel était déséquilibré. A 6-5 pour Clijsters, enfin osera-t-on dire, les deux joueuses offrirent, ensemble, leur plus beau tennis. Menée 30-0, malgré deux beaux échanges, Henin revint à 30-30 mais son adversaire se dépassa pour remporter le jeu et forcer une troisième manche. Dans le premier jeu de celle-ci et dans le début du deuxième, le duel de géantes se poursuivit, avec un spectacle digne de ce que les deux filles nous ont déjà offert contre les sœurs Williams ou Capriati.

Mais le suspense sera de courte durée. Sur des revers faciles, Clijsters commettra des fautes directes qui lui coûteront cher, laissant s'échapper son adversaire qui, bien lancée, pris des devants que l'on croyait définitifs : 4-0. Le stress, alors, entra en jeu. Si on l'avait connue nerveuse jusqu'à l'an dernier, depuis on avait découvert une Justine Henin imperturbable quelles que soient les circonstances. Elle l'avait déjà démontré lors de cette finale. Mais là, la tension était trop forte et, se voyant peut-être aussi déjà avec le trophée, la Rochefortoise perdit un peu le fil de la partie.

Clijsters revint à 4-3, ses deux breaks étaient refaits, le match était relancé mais Henin avait retrouvé tous ses esprits. Avantage et balle de break pour la jeune mariée. Un point dont on reparlera peut-être beaucoup. Le court est ouvert et, d'un coup puissant, Clijsters envoie la balle sur la ligne, croit-elle, et serre le poing. L'arbitre donne le jeu à son adversaire : elle a vu la balle dehors. Sur les images de la télévision, il semble qu'elle ait raison. Mais sur le gros plan du ralenti, qu'elle ait tort... Alors ? Alors, le jeu continue !

Et c'est 5-3 pour Henin, service à suivre. Retrouvant son très bon service du début de partie, la Rochefortoise ne laisse aucune chance à sa rivale et sur une excellente première balle, remporte le jeu, le set et le match. Après Roland Garros et l'US Open, Justine Henin-Hardenne inscrit donc l'Open d'Australie à son palmarès. L'idéal pour commencer l'année d'une joueuse qui veut, dans un futur proche, réaliser le grand chelem.

M. V.H.