Plus les jours passent et plus les chances de voir Justine Henin-Hardenne participer aux Jeux Olympiques d'Athènes cet été diminuent. Sur le flanc depuis le mois d'avril en raison d'une infection virale de type cytomégalovirus, l'Ardennaise s'entraîne à l'heure actuelle tant bien que mal, mais à trente-quatre jours de l'événement, elle n'a toujours pas fixé officiellement sa date de rentrée sur le circuit.

«Ça peut durer...»

«Ça fait trois mois déjà et je suis consciente que ça peut durer encore un peu», explique-t-elle par le biais de son site Internet, www.henin-hardenne.be. «Je le sais, je l'accepte. A l'entraînement, j'essaie de bien faire les choses, ça se passe relativement bien, mais j'ai parfois encore du mal à enchaîner. C'est un petit peu frustrant, la compétition me manque, c'est ce que j'aime, mais d'un autre côté, je sais maintenant où sont mes limites.»

Pierre-Yves Hardenne, son mari, n'ose d'ailleurs établir le moindre pronostic quant à une date de retour de son épouse. Pour la WTA, la première joueuse mondiale est toujours inscrite à San Diego, fin juillet, et à Montréal, début août, deux tournois dont elle est tenante du titre, mais d'après lui, il existe très peu de chance qu'elle s'y aligne. Les Jeux d'Athènes suivant à une semaine d'intervalle, ce n'est pas particulièrement bon signe pour la Rochefortoise.

«Je dirais que la situation est pour l'instant stationnaire, nous confie-t-il. Justine s'entraîne du mieux qu'elle peut, mais l'intensité n'y est pas. Il faut patienter, même si cela commence à faire long. Elle ne fera rien avant la fin du mois, c'est une certitude. Elle ne se sent pas prête à rejouer. Ensuite, j'avoue que je n'en sais rien. Le reste de la saison constitue un gros point d'interrogation. Je me demande même si l'on peut encore parler en terme de saison après être restée plus de trois mois sans jouer...», soupire-t-il.

Du côté du COIB, où elle est passée effectuer un test à l'effort il y a quelques jours, on garde bon espoir de la voir se produire en Grèce. On se dit même prêt à attendre la dernière minute, la première joueuse mondiale représentant l'une des meilleures chances de médaille de la Belgique, mais on avoue également une certaine inquiétude.

Traumatisée par Paris

«C'est normal lorsqu'un athlète se trouve hors compétition depuis un petit temps, glisse Philippe Préat, l'adjoint du directeur du sport de haut niveau, Eddy Desmedt. Nous avons cependant confiance en elle et en son encadrement pour prendre la meilleure décision. Nous savons très bien qu'elle ne souhaite pas revivre l'expérience malheureuse de Roland Garros et qu'elle doit dès lors se sentir à 100pc pour briller aux Jeux. Elle n'ira pas si elle n'est pas en forme.»

Traumatisée par sa mésaventure sur la terre battue parisienne, où elle fut battue au deuxième tour par la modeste Italienne Tathiana Garbin, Justine Henin-Hardenne s'est, effectivement, jurée qu'on ne l'y reprendrait plus. Les Jeux Olympiques, avec leur envergure planétaire, constituent-ils dès lors le meilleur tremplin pour se relancer? Rien n'est moins sûr...

© Les Sports 2004