A une semaine des Internationaux de France de Roland Garros qui lui tiennent tant à coeur, Justine Henin s'est montrée très sereine au moment de présenter la deuxième épreuve du Grand Chelem de l'année, dont elle est la grandissime favorite, lundi au Château de Limelette.

Remerciant, au passage, la discrétion avec laquelle la presse a "couvert" sa séparation avec Pierre-Yves Hardenne, la numéro 1 mondiale s'est dit "plus forte" qu'il y a six mois avant tous les évènements ayant "bouleversé" sa vie privée en début d'année.

Elle fêtera ses 25 ans le 1-er juin prochain et ambitionne légitimement un 4-ème succès en cinq années sur la terre battue parisienne, se souvenant aussi que c'était il y a dix ans, en 1997, qu'elle remportait la version juniore de Roland Garros. "J'avais 15 ans, Carlos était mon entraîneur depuis 1 an", se souvient-elle. "C'était déjà un rêve pour moi. Me dire ensuite que j'ai gagné trois fois chez les seniores, c'est incroyable. Tout le monde sait l'attachement que je porte à ce tournoi (ndlr: dans les tribunes étant enfant, elle avait promis à sa maman de remporter un jour Roland Garros). Je suis contente d'y avoir fait mes preuves depuis. La charge émotionnelle sera encore là, c'est sûr. Mais mon investissement y sera le même que lors de chaque autre tournoi. Que ce soit un tournoi du Grand Chelem, que ce soit à Varsovie par un froid de canard ou à Berlin lorsque j'ai dû jouer 4 matches en 2 jours."

Justine Henin est apparue extrêmement posée et sereine à quelques jours de son départ pour Paris avouant aussi avoir renoué le contact avec sa famille, et notamment son père avec qui elle était en froid depuis de nombreuses années. "Je voudrais d'ailleurs vous remercier du respect témoigné durant les évènements qui ont bouleversé ma vie privée en ce début d'année.

Votre discrétion m'a touché", a-t-elle expliqué, s'adressant à la presse en évoquant la séparation avec son mari Pierre-Yves Hardenne. "Ce n'est pas tous les jours que je vous adresse des compliments, alors profitez-en (rires). J'ajouterai que j'ai effectivement repris contact avec ma famille, j'en suis très heureuse. Mais là aussi, je vous demanderai encore de respecter ma vie privée et je suis sûre que vous le comprendrez."

--- Beaucoup de plaisir à jouer ---

"Le bilan de ma première partie de saison a été hyper-positif", a enchaîné aussitôt la Namuroise victorieuse cette année des tournois de Dubaï (Emirats Arabes Unis) et de Doha (Qatar), puis de Varsovie (Pologne) ensuite plus récemment sur terre battue et demi-finaliste à Berlin (Allemagne) face à la Russe Svetlana Kuznetsova. "Il n'était pas évident de bien revenir dans le parcours après les évènements qui m'ont bouleversée. J'ai bien pris le temps pour choisir le moment de mon retour à la compétition. Depuis, cela s'est enchaîné, c'est vrai, avec les victoires et le classement mondial. Mais ce que je retiendrai le plus, c'est que je prends surtout beaucoup de plaisir à jouer. Au niveau de mon jeu, je dois encore beaucoup progresser, mais je suis contente de la manière dont j'avance sur la terre battue et de mon agressivité. Je suis toujours à la recherche de mon équilibre entre ma vie de femme et de sportive de haut niveau.

Je dois apprendre à gérer mes émotions. Cela passe par un travail quotidien sur moi-même. Mais je suis très heureuse, à une semaine de Roland Garros, car j'ai pu m'en sortir avec l'aide de pas mal de gens autour de moi. Oui, je me sens plus forte qu'il y a six mois. Physiquement, cela va très bien. Mes problèmes respiratoires à Miami sont derrière moi et je tiens la cadence. La preuve avec presque 7 heures et demie en deux jours sur le court à Berlin.

A Roland Garros, les noms de Jankovic, qui m'a posé beaucoup de difficultés, et de Kuznetsova reviennent le plus souvent, mais j'ai du respect pour n'importe quelle joueuse et je prendrai comme à chaque fois, match après match et je penserai d'abord uniquement au premier tour."

A la question de confirmer son apparente sérénité, Justine Henin a répondu qu'"en fait ce n'était qu'une apparence. Cela me gonfle d'être ici devant vous, c'est une véritable corvée (rires)", ajoutant ainsi l'humour à sa communication. Symptômatique pour une joueuse qui a toujours eu du mal à gérer son image publique. "C'est vrai je me sens beaucoup mieux et j'ai surtout beaucoup plus de plaisir à partager ce que je fais."

Les Internationaux de France à Roland Garros débutent le 27 mai. Justine Henin y a inscrit son nom au palmarès en 2003, 2005 et 2006, soit 3 des ses 5 victoires en Grand Chelem (avec l'US Open en 2003 et l'Open d'Australie en 2004) aux côtés d'une victoire aux Masters en 2006 et d'une médaille d'or aux JO d'Athènes en 2004. Seul Wimbledon manque à son palmarès comme épreuve du Grand Chelem. Elle a remporté 32 titres sur le circuit.