La Belge est revenue sur sa carrière dans le podcast Échange sur Eurosport.

Justine Henin reste, avec Kim Clijsters, la meilleure joueuse belge de l'histoire du tennis. Sur Eurosport, la Belge est revenue sur son immense carrière qui l'a amenée à remporter sept tournois du Grand Chelem ainsi que la médaille d'or aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004. Mais elle révèle que personne ne voyait en elle une aussi grande carrière dans sa jeunesse jusqu'à sa rencontre avec Carlos Rodriguez qui a été son entraîneur pendant la plus grande partie de sa carrière.

"Ma rencontre avec Carlos Rodriguez à 14 ans a changé énormément de choses dans ma vie en terme de confiance en moi. Dans mon parcours, peu de gens croyaient en moi. J'étais petite et frêle mais aussi fragile mentalement. J'ai toujours essayé d'utiliser cette fragilité comme une force. Mais alors que peu de gens me voyaient faire une grande carrière, Carlos est arrivé et m'a dit qu'il croyait en moi, que selon lui, je pouvais devenir numéro un mondial, ce qui était bien évidemment un rêve pour moi. Il a détecté des choses en moi. On a formé un duo incroyable grâce à la confiance qui s'est installée ce qui n'est plus le cas dans le tennis actuel où le lien entre les joueuses et leur entraîneur n'est plus le même."

Mais si cette relation lui a permis d'atteindre progressivement les sommets, Henin confie que cela n'a pas été facile tous les jours surtout lors des premières années car Carlos Rodriguez était très strict : "Je n'oublierai jamais notre première tournée, j'ai gagné le championnat d'Europe des moins de 14 ans mais pour moi ça avait été fait un enfer, car il était tout le temps sur mon dos. À l'entraînement, et même si cela ne m'est pas arrivé très souvent, quand j'arrivais et que ma raquette n'était pas en ordre, il me renvoyait à l'internat pour que je fasse mes devoirs au lieu de m'entraîner."

Une relation qui l'a aidé à avoir la carrière qu'elle a eue, avec de nombreux succès qui lui ont tous procuré des émotions différentes. Mais une victoire a particulièrement retenu son attention : "Ma première victoire à Roland Garros a encore une saveur particulière à mes yeux. C'était ma première victoire en Grand Chelem. En interview après la rencontre, j'ai expliqué à quel point j'en avais rêvé. Avant que ma maman ne décède quand j'étais jeune, j'avais été voir Roland Garros avec elle. Je lui avais dit qu'un jour je gagnerais. Et quand ça se passe, il y a une forme de connexion qui se crée. C'est une seconde indescriptible", se souvient l'ancienne numéro un mondiale qui n'avait que 21 ans à l'époque.

"Mais la confirmation à l'US Open puis la reconfirmation à l'Australian Open m'ont également procuré de grandes émotions. À ce moment-là, je me suis dit que j'avais envie de marquer le tennis de mon empreinte. Je ne suis pas quelqu'un qui allait faire un 'one shot', ce n'est pas dans mon caractère", a-t-elle poursuivi sans oublier sa médaille d'or aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004.

Avec Clijsters, une rivalité saine

Le tennis belge a vécu une décennie 2000 incroyable puisque Justine Henin n'était pas seule sur le toit du tennis mondial. Kim Clijsters, l'autre belge a également côtoyé les sommets durant sa carrière. Deux championnes issues d'un si petit pays, cela crée des rivalités. Mais pour Henin, sa relation avec Clijsters a toujours été cordiale et l'a poussée vers le haut : "Quand on était jeunes, on a partagé énormément de moments de vie. On a des caractères très opposés, j'irais même jusqu'à dire qu'il est compliqué de trouver des caractères plus opposés que les nôtres. Je la regardais comme une extraterrestre. Elle faisait beaucoup de bêtises que je n'aurais jamais osé faire."

"Puis on arrive sur le circuit pro... L'histoire est parfaite : une joueuse qui vient du nord, l'autre du sud. Mais sans que cela ne crée de souci communautaire. Kim avait énormément de fans en Wallonie et j'étais également très appréciée en Flandre. Même si parfois la rivalité est là et que des polémiques sont créées, objectivement, entre Kim et moi, il n'y a jamais eu de conflit, jamais un mot au-dessus de l'autre. C'était vraiment une concurrence saine. Je peux affirmer aujourd'hui que je n'aurais pas eu la même carrière si elle n'avait pas joué en même temps que moi. Car forcément venant du même pays,quand Kim a fait ses premiers résultats, ça me titillait et l'inverse doit être vrai également. On est dans un métier où il y a de la compétition. Mais c'est clair que ça nous a tiré vers le haut comme c'est le cas aujourd’hui entre Nadal, Federer et Djokovic."