Elle a été la grande héroïne de la fête. Pour son retour en équipe nationale de Fed Cup, après trois années d'abstinence plus ou moins volontaire, Justine Henin n'a pas fait les choses à moitié et a remporté ses deux simples de la plus belle façon. «Trois ans, c'est long. Je ne regrette pas mes choix passés mais, c'est vrai, cette magie de la Fed Cup me manquait un peu. Alors, j'avais vraiment envie de réussir de grands matches», sourit-elle, ravie de ce week-end noir-jaune-rouge passé dans sa ville natale, devant ses supporters.

Au vrai, Justine a été égale à elle même, tantôt combative, tantôt en état de grâce. Tantôt dans les cordes, tantôt sur un nuage. Malmenée en début de partie samedi par Nadia Petrova, elle est revenue du diable vauvert pour remporter une superbe victoire en trois sets et remettre la Belgique sur les rails après la sortie de route de Kim Clijsters. «J'avais la rage», dit-elle. Et, hier, libérée et portée par tout un peuple, elle signa une véritable exhibition face à Elena Dementieva, entérinant la qualification belge en un peu plus d'une heure. «J'étais transcendée. Je ne ratais rien...»

Ce week-end en Cité ardente a été très positif pour Justine. Sur le plan sportif, elle a non seulement offert à l'équipe nationale la qualification mais elle a également préparé de la meilleure façon la saison sur terre battue. Sur le plan psychologique, elle a fait le plein de confiance et de moral avant les prochaines échéances. Et, enfin, sur le plan de l'image, elle a apporté un cinglant démenti à ceux qui doutaient de son patriotisme et a mis entre parenthèses ses relations tendues avec Clijsters. «Il faut parfois savoir mettre certaines choses du passé dans un tiroir. La vie est trop courte pour la gâcher à cause de bêtises», dit-elle.

Alors que la victoire était déjà assurée, la Rochefortoise et la Limbourgeoise se firent un plaisir, d'ailleurs, de disputer le match de double. Comme au bon vieux temps ! Elles n'avaient plus joué ensemble depuis un tournoi à Philadelphie en...1999. Elles perdirent en deux sets mais cela n'avait plus évidemment la moindre importance. «C'était un cadeau pour le public...»

La Rochefortoise ne cache pas son bonheur. «J'avais quelques appréhensions avant cette rencontre face à la Russie. Je n'étais pas sûre de ma forme. Je restais sur deux contre- performances. Mais là, tout s'est passé comme dans un rêve. La Fed Cup apporte des émotions incroyables. Jouer en équipe dans un sport individuel fait parfois beaucoup de bien. Sur le court, j'ai ressenti des frissons tant le public était chaud...»

La championne olympique se garde de tirer des plans sur la comète. On devine qu'elle aimerait bien jouer la demi-finale et, le cas échéant, la finale de cette Fed Cup. Mais, sage, elle ne l'officialise pas. «On verra. Pour l'heure, j'ai besoin de souffler. Je vais peut-être d'ailleurs revoir mon programme avant Roland- Garros afin de me ménager. J'ai tendance à trop jouer...»

© Les Sports 2006