Kim Clijsters a remporté son premier tournoi du Grand Chelem, après quatre tentatives infructueuses, en battant la Française Mary Pierce (6-3, 6-1) en finale de l'US Open de tennis, samedi à New York.

Ce facile succès sur les courts new-yorkais lui permet de remporter le plus gros gain de l'histoire du sport féminin (2,2 millions de dollars).

Kim Clijsters, qui s'est aussi imposée à Stanford, Los Angeles et Toronto cet été, est en effet la grande gagnante des séries de l'US Open, dont le but est de récompenser les joueurs ayant réussi les meilleurs résultats sur les épreuves américaines en juillet et août.

Finaliste à Flushing Meadows en 2003, battue par Justine Henin-Hardenne, la Limbourgeoise disputait sa cinquième finale d'un tournoi du Grand Chelem.

Elle met ainsi fin à une malédiction des finales, née de quatre défaites, à Roland-Garros (2001 et 2003), à l'US Open (2003) et à Melbourne (2004), dont trois face à Justine Henin-Hardenne.

Grands écarts

Devant 22.939 spectateurs remplissant les tribunes du court Arthur Ashe pour cette douce soirée, Clijsters (22 ans) n'a pas traîné.

D'entrée, elle prenait le dessus, grâce notamment à sa défense diabolique, qui lui permet de remettre des balles au prix de grands écarts spectaculaires.

Ces premiers points préfiguraient ce qu'allait être la rencontre, avec Pierce, qui frappe et Clijsters, qui remise et pousse son adversaire à la faute.

Avec un break dès le premier jeu, la joueuse de Bree, véritable force de la nature (1,74 m et 68 kg), pouvait commencer son travail de sape.

Pierce (30 ans), qui jouait avec un gros bandage sur la cuisse droite, souvenir de sa demi-finale, était contrainte de prendre de plus en plus de risques.

Inévitablement, les fautes s'enchaînaient du côté de l'aînée (28 au total), qui frappait pourtant bien la balle.

En 37 minutes, la première manche était pliée sur la deuxième occasion, un nouveau revers trop long de la native de Montréal, qui courrait après un troisième titre du Grand Chelem après l'Open d'Australie (1995) et Roland-Garros (2000).

La seconde manche était encore plus expéditive.

Pour Clijsters, cela commençait par un jeu blanc sur son service, un break et un nouveau jeu blanc pour mener 3 à 0.

La Française qui n'avait marqué qu'un point sur ces trois jeux n'allait jamais s'en remettre, s'inclinant en 1 h 05 sur la deuxième balle de match.

Avec trois breaks dans la manche initiale et deux dans la seconde, Clijsters faisait revivre à Pierce son supplice de la finale de Roland-Garros en juin dernier, où elle fut battue en 1 h 02 par Justine Henin-Hardenne (6-1, 6-1).

La revanche

La Française, qui a perdu sa quatrième finale du Grand Chelem, peut se consoler en présentant un bilan 2005 très satisfaisant, comptant deux finales du Grand Chelem (Roland-Garros et US Open), un quart de finale (Wimbledon) et un succès à San Diego, qui lui permet de se retrouver N.6 mondiale.

Pour Clijsters, ce succès est aussi une belle revanche sur le sort. En juin 2004, elle était contrainte de se faire opérer du poignet droit.

Après avoir manqué l'essentiel de la saison estivale, elle tentait un retour après 20 semaines d'absence. Mais se fait de nouveau mal et tirait un trait sur la fin de saison 2004.

Dans la foulée, elle renonçait au début de la saison 2005 dans l'hémisphère sud, ce qui l'a fait plonger à la 134e place mondiale début mars.

Depuis, elle a enchainé les succès (50) en remportant 6 titres sur l'ensemble de la saison pour pointer maintenant au 2e rang.

La Limbourgeoise a nettement dominé l'été américain au cours duquel, avant Flushing Meadows, elle a triomphé à Stanford (31 juillet), Los Angeles (14 août) et Toronto (21 août). Elle a signé face à Pierce sa 17e victoire d'affilée, sa dernière défaite remontanat au 6 août dernier, lorsqu'elle s'était inclinée 6-4, 6-4 face à la Chinoise Shuai Peng en quarts de finale du tournoi de San Diego.