Kim Clijsters, ancienne numéro un mondiale contrainte à l’inactivité quasi totale durant neuf mois en raison d’un poignet récalcitrant, a surpris le monde du tennis en réussissant un retour gagnant symbolisé par ses récents succès américains, à Indian Wells et Key Biscayne.

En Floride, samedi, l’ancienne fiancée de l’Australien Lleyton Hewitt a même écrit un petit bout de l’histoire du tennis féminin en réalisant ce fameux doublé Indian Wells-Key Biscayne que seule son idole, l’Allemande Steffi Graf, avait réussi avant elle en 1994 et 1996.

«L’ouragan Kim dévaste tout en Floride», titrait samedi le quotidien bruxellois Le Soir, mettant en évidence l’impression incroyable laissée par la Limbourgeoise à chacune de ses sorties. «Elle frappe mieux qu’avant et elle a une confiance énorme», jugeait Amélie Mauresmo, écrasée en demi-finale à Miami vendredi (6-1, 6-0).

«Quel retour à la compétition! La revoir, c’est super et j’ai énormément de respect pour la manière dont elle s’est battue pour revenir», lâchait Maria Sharapova, défaite en finale samedi (6-3, 7-5).

Classée 133e au début du mois de mars, la championne belge avait déjà gagné 95 places pour se classer 38e après Indian Wells et va encore remonter à la 16e ou 17e place à la faveur de ce nouveau titre.

Pour avoir une meilleure idée encore de la performance réalisée ces derniers jours par la Belge de 21 ans, il suffit de jeter un oeil sur son tableau de chasse aux Etats-Unis.

Cinq de ses 13 victoires consécutives ont été remportées sur des joueuses émargeant au Top 6 du classement mondial de la WTA. Lindsay Davenport (N.1), Amélie Mauresmo (2), Maria Sharapova (3), les Russes Elena Dementieva (5) et Anastasia Myskina (6) ont toutes courbé l’échine devant la rage de vaincre de Clijsters.

Clijsters elle-même n’en revient pas: «C’est incroyable. J’étais venue aux Etats-Unis pour disputer deux ou trois matches par tournoi...», souriait-elle samedi soir. «J’ai été absente pendant un an et j’ai pris conscience que le tennis me manquait énormément. C’est pourquoi j’ai pris tellement de plaisir ces trois dernières semaines», poursuivait-elle.

Pour expliquer ses performances, certains diront, à raison sans doute, que la Belge n’ayant rien à perdre, elle pouvait jouer sans pression. Il n’empêche, ce retour gagnant aussi tonitruant avait quelque chose d’improbable. Même pour ses proches. «Si quelqu’un nous avait dit que Kim remporterait deux tournois aussi relevés pour sa rentrée, nous l’aurions traité de fou», assure son entraîneur Marc Dehous. «Je la pensais capable de prendre le dessus sur des joueuses du Top 40 mais pas encore du Top 10. Elle m’a épaté», poursuivait-il, expliquant aussi que «ces trois derniers mois passés à préparer son retour sans la pression des résultats avaient été bénéfiques».

Alors que sa compatriote Justine Henin-Hardenne, tente elle aussi un retour au premier plan après blessure, Kim a donc réussi le sien. Si son poignet gauche autrefois meurtri veut bien la laisser en paix, Clijsters sera l’une des favorites de la saison sur terre battue qui s’annonce et particulièrement de Roland Garros.