Gustavo Kuerten, que personne n’attendait à pareille fête après un début de saison décevant, a signé la surprise du jour en corrigeant samedi le numéro un mondial suisse Roger Federer au troisième tour du tournoi de Roland Garros.

Dans le tableau féminin, la logique a été respectée avec les qualifications des soeurs Williams et de Jennifer Capriati.

Triple vainqueur du tournoi, en 1997, 2000 et 2001, Kuerten, diminué depuis deux ans par les séquelles de son opération de la hanche droite, a livré le match parfait et s’est imposé en trois manches, 6-4, 6-4, 6-4 en un peu plus de deux heures.

Chéri du public parisien depuis son premier sacre à l’âge de 20 ans, Kuerten a dominé le numéro un mondial dans tous les compartiments du jeu, donnant parfois aux spectateurs l’impression qu’ils étaient revenus sept ans en arrière. Dans le match dès le premier échange, ’Guga’, qui avait frôlé l’élimination au premier tour, a fait le break deux fois d’affilée pour mener 2-1 puis a tenu ses 14 services suivants sans concéder la moindre balle de break. "J’ai battu le numéro un mondial, ça ne m’était encore jamais arrivé ici", a déclaré Kuerten, auteur de sa plus belle victoire à Roland Garros depuis son dernier sacre il y a trois ans. "Dès le départ, ça a été une histoire d’amour entre moi et le public. C’est un immense plaisir d’être ici cette année, car je ne m’y attendais vraiment pas vu mon état physique. J’ai pensé un moment que je ne serai pas là. Mais chaque année, ce tournoi me permet de sortir le meilleur de moi-même, de dépasser les limites."

Après le gain de la première manche, Kuerten a ensuite eu besoin d’un break dans les deux derniers sets, avant de conclure le match sur un service gagnant au centre. Federer, vainqueur du Masters Series de Hambourg cette saison, faisait partie des grands favoris du tournoi. A Roland Garros, où son meilleur résultat est une place de quart de finaliste, le vainqueur de Wimbledon et de l’Open d’Australie a connu une nouvelle désillusion après avoir été battu au premier tour ces deux dernières années.

Dans le tableau féminin, les Américaines Serena et Venus Williams se sont qualifiée pour les huitièmes de finale, accompagnées de leur compatriote Jennifer Capriati. Tête de série numéro 2, Serena, lauréate du tournoi en 2002, a facilement battu la Croate Silvija Talaja, 106e joueuse mondiale, 6-0, 6-4. Sa soeur Venus a surclassé la Française Mary Pierce, battue 6-3, 6-1. Amélie Mauresmo sera donc la seule représentante tricolore en huitièmes de finale du tournoi féminin.

Capriati a connu quelques difficultés avant de venir à bout de la Russe Elena Bovina, 6-2, 3-6, 6-4, en 1 heure et 39 minutes. Capriati, qui a gagné Roland Garros en 2001, affrontera au prochain tour l’Italienne Francesca Schiavone, tête de série numéro 17, qui a battu l’Espagnole Virginia Ruano Pascual, 6-2, 6-3.

En quarts de finale, l’Américaine, tête de série numéro 7, pourrait retrouver Serena Williams, qui se mesurera au prochain tour à la Japonaise Shinobu Asagoe, victorieuse samedi de l’Argentine Gisela Dulko, 7-5, 4-6, 6-4.

En la battant en demi-finale du tournoi de Rome il y a deux semaines, Capriati a mis un terme à une série de huit défaites consécutives contre la cadette des soeurs Williams.

La Russe Anastasia Myskina (6) a elle aussi gagné sa place en huitièmes de finale en sortant la Tchèque Denisa Chladkova, 6-3, 7-6 (3). Elle rencontrera la semaine prochaine sa compatriote Svetlana Kuznetsova (11), qui a battu la Suisse Myriam Casanova, 3-6, 6-3, 6-4.

Chez les messieurs, l’Argentin Gaston Gaudio a logiquement battu le trentenaire suédois Thomas Enqvist, qui fêtait samedi son 100e match dans un tournoi du Grand Chelem. L’ancien finaliste de l’Open d’Australie s’est incliné 6-0, 6-4, 6-7 (5), 6-4. En huitièmes de finale, Gaudio sera opposé au Russe Igor Andreev, vainqueur en trois sets 7-6 (3), 7-6 (3), 6-3 du Français Julien Benneteau, qui n’a pas pu rejoindre ses compatriotes Nicolas Escudé, Michael Llodra et Olivier Mutis, qualifiés la veille.