Justine Henin et Svetlana Kuznetsova se connaissent bien. Elles se sont déjà affrontées à six reprises et la Namuroise mène par cinq victoires à une. Le seul succès de la joueuse russe remonte au tournoi de Dubaï de 2004, où elle s'était imposée en demi-finale. Le dernier affrontement entre les deux jeunes femmes est tout récent. C'était en finale du tournoi de Varsovie, le mois dernier, et Justine l'avait emporté très difficilement, en trois sets. Ce match est aussi le seul qu'elles ont disputé sur terre battue. «J'ai évidemment tiré des enseignements de cette défaite. Mais je ne vais pas vous les communiquer! Je crois simplement avoir quelques atouts qui pourraient me permettre de remporter ce match. Je vais sûrement attaquer fort dans la balle...»

Agée de 19 ans, Kuznetsova est actuellement pointée à la septième place de la hiérarchie mondiale. Déjà victorieuse de cinq tournois sur le circuit WTA (dont évidemment l'US Open en 2004), c'est une valeur sûre et montante du tennis féminin. «Mon mental était un peu faible. Mais je suis en train de l'améliorer. Ma victoire à l'US Open m'a beaucoup aidé dans ce domaine. Je sais que je peux gagner en battant les meilleures. D'un côté, cela me met davantage de pression; de l'autre, cela m'oblige à me surpasser...»

Dans la famille Kuznetsova, le sport est d'ailleurs élevé au rang d'art de vivre. Le sport, en général, et le cyclisme, en particulier. Le père de Svetlana est l'entraîneur du meilleur club cycliste de Moscou, sa mère a été championne du monde sur piste à six reprises et son frère médaillé d'argent en poursuite lors des Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996!

Dès le berceau, Svetlana a donc été plongée dans une ambiance de compétition. Cela lui donne une force supplémentaire. Assez discrète en début de saison, elle est en train de monter en puissance. Et certains spécialistes en font l'une des grandes outsiders de ce Roland-Garros. «Nous sommes plusieurs à pouvoir gagner le tournoi. Le tableau est très ouvert. Il y a beaucoup de surprises. La seule chose qui est sûre est qu'il faudra être très forte mentalement jusqu'au bout.»

A ce jour, le tournoi parisien n'a guère réussi à la native de Saint-Pétersbourg. Battue au premier tour en 2003 par Meghan Shaughnessy, elle a été éliminée en huitièmes de finale l'an passé par sa compatriote Anastasia Myskina, future lauréate. «Je manquais d'expérience», résume-t-elle.

Cette année, Kuznetsova veut frapper un grand coup. Son début de tournoi est prometteur. Elle a certes perdu son premier set, samedi, face à l'Américaine Irvin mais elle a toujours contrôlé la partie. «Je sais que face à Justine, ce sera un match très difficile. Elle a été numéro un. Son retour à la compétition a été impressionnant. Elle est très solide sur tous les plans...», dit-elle. Mais elle ne s'en inquiète pas. Elle pourra compter pour relever ce défi sur les précieux conseils... d'Arantxa Sanchez-Vicario, qui la coache depuis quelques semaines. Voilà plusieurs années que Kuznetsova s'entraîne, il est vrai, dans les structures de l'Académie Sanchez-Casal de Barcelone. Et, sur terre battue, les conseils d'Arantxa, c'est sûrement très précieux...

© Les Sports 2005