SÉVILLE Et de deux! L'Espagne a remporté, hier, le deuxième Saladier d'Argent de son histoire en dominant nettement les Etats-Unis. Et c'est Carlos Moya, déjà vainqueur vendredi du premier simple face à Fish, qui a donné à son pays le point de la victoire en battant Andy Roddick en trois sets et près de deux heures et demie.

Lorsqu'elle a la chance d'évoluer à domicile, sur terre battue, l'armada espagnole est décidément invulnérable, ou presque. Elle l'avait déjà prouvé en 2000 en s'imposant, en finale, face à l'Australie de Lleyton Hewitt; elle l'a encore démontré cette année en dictant sa loi face aux Etats-Unis d'Andy Roddick.

Au vrai, en l'absence d'Andre Agassi, c'était quasiment mission impossible pour les Américains. Certes, grâce à la facile victoire des frères Bryan en double, les hommes de Patrick McEnroe étaient revenus à 2-1 samedi. Mais, hier, dans une ambiance de corrida -27.000 aficionados remplissaient le stade olympique de Séville transformé en arène!-, Carlos Moya se chargea de la mise à mort.

Au sommet de son art dans son habit de lumière, l'ancien lauréat de Roland-Garros domina nettement un Roddick batailleur mais impuissant. Comme face à Nadal, vendredi, le killer américain se battit avec courage sur toutes les balles, signant son quota habituel d'aces et quelques belles volées. Mais sur cette terre battue qu'il n'apprécie qu'à petite dose, il ne put que retarder l'échéance. Jouant juste, variant bien les effets, multipliant notamment les amorties gagnantes, Moya s'imposa finalement en trois sets, avec deux remarquables tie-breaks à la clé.

La victoire était d'autant plus belle pour le Majorquin qu'il avait été privé du sacre de Barcelone, en 2000, en raison d'une méforme persistante. «C'est un moment magique et inoubliable. Et c'est surtout la victoire d'une équipe», confia l'ancien numéro un mondial dans une ambiance de liesse collective. Même Juan-Carlos Ferrero, très déçu d'avoir été écarté pour les simples, avait retrouvé un timide sourire...

Le succès espagnol rappelle combien, en Coupe Davis, le choix de la surface est important. Cette année, Moya et ses camarades ont eu l'avantage d'évoluer su terre battue à trois reprises (face aux Pays-Bas, en quart de finale, face à la France, en demi, et face aux Etats-Unis, en finale). Avec des spécialistes comme Ferrero, Moya, Nadal ou Robredo, l'Espagne était quasiment imbattable.

Voilà qui consolera, sans doute, une équipe américaine qui n'a plus remporté le fameux Saladier d'Argent depuis 1995. Neuf ans de disette, cela commence à faire long...

en Coupe Davis, le Majorquin a signé une magnifique revanche. (EPA)

© Les Sports 2004