La passion selon Arantxa

Tennis

Miguel Tasso

Publié le

La passion selon Arantxa
© EPA

Détendue et souriante, elle est exacte au rendez-vous. Sur la terrasse du Léo, accompagnée de son inséparable petit chien Tina, un chihuahua offert par Martina Navratilova l'année dernière, elle répond à nos questions en toute simplicité. `Je suis très heureuse de retrouver Bruxelles. C'est ici que j'ai remporté, en 1988, mon premier tournoi professionnel. Ma finale face à l'Italienne Rafaela Reggi avait été reportée au lundi en raison de la pluie...´, se souvient-elle.

A l'époque, Arantxa Sanchez-Vicario était âgée de seize ans et avait déjà disputé, l'année précédente, les quarts de finale de Roland-Garros. `J'ai commencé ma carrière pro à l'âge de treize ans. Et j'ai eu la chance de vite progresser...´

Toujours envie de gagner

Aujourd'hui, à trente ans, la championne espagnole est l'une des plus âgées du circuit. Mais elle a gardé toute sa motivation. `Je ne fais plus partie des toutes meilleures du monde. Mais le plaisir de monter sur un court reste intact dans ma tête. Et puis, secrètement, j'ai toujours envie de gagner. Lorsque ce ne sera plus le cas, je saurai qu'il faut que je m'arrête...´. Avec vingt-neuf victoires en simple (dont trois Roland-Garros et un US Open) et soixante et un succès en double (en compagnie, pêle-mêle, de Hingis, de Novotna ou de Navratilova), elle possède l'un des plus beaux palmarès de l'histoire du tennis féminin. `D'autant que j'ai joué douze finales de tournois du Grand Chelem, sur toutes les surfaces´, ajoute-t-elle, fière d'avoir passé quinze ans parmi les quinze meilleures joueuses du monde. Elle se garde de révéler les secrets de pareille longévité au sommet. `J'ai toujours été la plus professionnelle possible dans mes entraînements et mon hygiène de vie et j'ai toujours essayé de progresser techniquement, physiquement et mentalement. Le travail et l'obstination, voilà ma recette!´

No1 mondiale en 1995

Et puis, il y a cette envie de toujours se surpasser, d'aller au bout d'elle-même, de repousser ses propres limites. `J'ai toujours eu cette volonté. Je n'avais peut-être pas toutes les qualités naturelles pour devenir une grande championne mais je me suis accrochée. J'ai travaillé mes points faibles et notamment mon jeu offensif en participant à de nombreux doubles. J'ai essayé d'être la plus agressive possible, dans le bon sens du terme...´ Résultat: la Barcelonaise a multiplié les exploits pour se hisser, en 1995, sur la plus haute marche du podium, à la première place de la hiérarchie mondiale. `C'était mon rêve depuis toute petite. Et ce fut aussi, quelque part, le plus beau moment de ma carrière...´

Depuis ses débuts, Arantxa a défié toutes les générations. Celle de Navratilova et d'Evert, d'abord; celle de Graf et de Seles, ensuite; celle des soeurs Williams, enfin. Elle se garde d'établir la moindre comparaison. `Le tennis féminin évolue chaque jour. Les joueuses sont de plus en plus fortes, de plus en plus puissantes. Dans mon cas, c'est avec Steffi et Monica que j'ai le plus joué. Nos matches étaient souvent épiques. Et nous avons gardé, d'ailleurs, d'excellentes relations. On se retrouve, chaque fois, avec plaisir...´

© Les Sports 2002

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