Tennis

La victoire du courage

Laurent Monbaillu

Publié le - Mis à jour le

Mike Denayer est un jeune homme heureux. Du 19 au 25 janvier, le Brabançon représentera la Belgique lors de la Coupe du monde de tennis en fauteuil roulant. Cette sélection constitue un premier aboutissement pour cet adolescent de 14 ans dont l'histoire s'est, en fait, construite sur un double malheur. Atteint d'un cancer dès le plus jeune âge, Mike fut victime d'une erreur médicale au cours de son traitement de chimiothérapie en 1994. La sentence fut terrible: moelle épinière touchée, nerfs périphériques brûlés et plus aucun espoir de remarcher un jour.

«Malgré sa jeunesse, il a tout de suite pris conscience de la gravité de la situation mais il n'a jamais cédé au désespoir, explique Michel, son papa. C'est le genre d'épreuve que l'on ne souhaite de vivre à aucun parent, à aucun enfant. Dans notre cas, c'est la force de caractère de Mike qui nous a insufflé le courage nécessaire pour accepter la situation.»

Sportif dans l'âme, le citoyen de Louvain-la-Neuve semble avoir trouvé sa voie dans la pratique du tennis, auquel il s'adonne depuis plus de cinq ans. Selon son papa, l'intérêt de faire du sport est triple.

«D'abord, la dépense physique est capitale pour un garçon aussi jeune et qui est voué à rester assis toute sa vie, explique-t-il. Il a besoin de rester en mouvement. D'ailleurs, il adore aussi le ski et on a souvent du mal à le suivre tant il est casse-cou! Ensuite, le tennis lui confère un mental plus fort, il est plus volontaire et sa détermination ne peut avoir que des effets positifs dans sa vie de tous les jours. Enfin, grâce au sport, il ne se sent pas différent des autres et cela contribue aussi à faciliter l'acceptation de son état. Quand il lui arrive de partir à l'étranger pour le tennis, la première chose qu'il fait, c'est enlever les poignées de sa chaise pour se sentir complètement autonome. Il ne veut pas être assisté en permanence. Du reste, il s'agit d'un sport où l'on est livré à soi-même. On obtient les résultats que l'on se forge tout seul.»

Sponsors souhaités

Affilié au WTC Jodoigne, Mike a rapidement été confronté à deux problèmes majeurs. Celui du matériel, tout d'abord, qui joue un rôle important dans les performances. «Une chaise de compétition coûte entre 4000 et 5000 euros», précise le papa, qui doit aussi supporter de nombreux frais annexes à chaque participation de son fils à des tournois. D'où la recherche active de sponsors, qui deviennent indispensables à partir d'un certain niveau.

D'autre part, le problème de l'accessibilité des clubs de tennis s'est également posé rapidement. «Dans la majorité des cas, il n'existe aucune infrastructure adéquate pour les personnes en chaise. Le TC Odrimont, en revanche, dispose d'un superbe outil de travail où tous les aménagements ont été prévus.»

Au Lycée Martin V de Louvain-la-Neuve, là, Mike est un élève comme un autre. Ses copains de classe ne le voient pas comme celui qui est en chaise roulante, mais bien comme un camarade que l'on ne traite pas différemment d'un autre.

«Il est rassurant de constater la manière avec laquelle son arrivée dans l'école a été accueillie. La direction n'a jamais exprimé la moindre réticence, souligne encore Michel Denayer. Son intégration s'est faite très naturellement. Il a les mêmes occupations que les autres. Mike est un fonceur: il ne voit pas les obstacles qui pourraient freiner tout garçon dans sa situation et ses amis ne les distinguent pas davantage que lui...»

© Les Sports 2003

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