ÉCLAIRAGE

La décision de Kim Clijsters de ne pas participer aux prochains Jeux olympiques pour une question de sponsors - réaffirmée hier par la principale intéressée - n'en finit plus de faire des vagues. Ces derniers jours, chacun y est allé de son commentaire, des champions belges aujourd'hui retraités au ministre des Sports de la Communauté flamande Marino Keulen, qui croit dur comme fer en un compromis tombé du ciel au risque de s'emmêler les pinceaux dans ses propres explications, en passant par le président du Comité olympique international, notre compatriote Jacques Rogge. Celui-ci a indiqué que «les joueurs de tennis ont, l'espace d'une olympiade, vingt chances de remporter un grand titre dans les épreuves principales de leur discipline. Les Jeux, eux, ne reviennent que tous les quatre ans».

Mais l'intérêt sportif et le prestige lié à une médaille olympique ne semblent désormais plus primer au regard des sommes colossales mises en jeu tout au long de l'année dans différentes disciplines dont le tennis. Et le cas posé par Kim Clijsters en est assurément l'illustration la plus explicite, mais également la plus désolante, même si on ne l'affirme toujours pour l'instant qu'à demi-mot.

Une dérogation ?

Parallèlement, depuis hier, l'affaire Clijsters a connu un nouveau prolongement, attendu dans la mesure où François Narmon, le président du COIB, a avoué que la tenniswoman limbourgeoise est autorisée à jouer avec des vêtements de marque Fila, son sponsor habituel, à la condition qu'elle s'affiche en Adidas hors compétition. Et ce, avec l'accord de l'équipementier aux trois bandes. Autant dire que ces déclarations ne sont pas tombées dans les oreilles d'athlètes sourds, le bureau de management des sprinters Kim Gevaert et Cédric Van Branteghem ayant pris bonne note de la possibilité de déroger à la règle. Sous contrat avec Nike, ces deux-là auraient effectivement tort de ne pas «tenter le coup».

Du côté de Nike, pour l'instant, on temporise en invoquant un «gentlemen's agreement» entre les marques. «Pour l'instant, nous n'allons rien tenter mais attendre un éventuel retournement de situation concernant Kim Clijsters», indique Claude Bamelis, responsable des athlètes chez l'équipementier. «Si elle était quand même autorisée à se rendre à Athènes avec son sponsor privé et qu'elle changeait d'opinion, nous reverrions alors notre jugement, et Kim comme Cédric courront avec notre logo sur le maillot. Une exception casse la règle.» Le COIB est prévenu. Mais les athlètes, eux, préfèrent rester sur leurs gardes jusqu'à nouvel ordre. Ainsi, Kim Gevaert explique que «si Marion Jones peut s'adapter à la situation et que tout le monde s'en tient à la règle, pourquoi est-ce que j'agirais différemment?» Cédric Van Branteghem, lui, indique qu'il ne comprendrait pas que l'on fasse une exception pour Kim Clijsters: «Comment justifier le fait que tous les sélectionnés ne partent pas sur un pied d'égalité?»

Par la perspective de décrocher une médaille peut-être...

© Les Sports 2003