Il y a eu Chris Evert et Martina Navratilova. Steffi Graf, Monica Seles et Martina Hingis. Ensuite, les soeurs Williams. Et aujourd'hui, Justine Henin et Kim Clijsters. S'il est clair que le tennis, en général - cela s'est aussi vu chez les messieurs - s'est toujours nourri de grandes rivalités, la situation qui touche actuellement le domaine féminin n'est sans doute pas la meilleure chose qui puisse arriver à cette discipline.

Ils sont ainsi nombreux à craindre, dans l'enceinte de Melbourne Park, à la lumière d'une troisième finale de Grand Chelem entre les deux diamants du tennis belge, que le tennis féminin n'entre dans une nouvelle ère de triste monotonie. Lors de la parution du prochain classement WTA, lundi, l'Ardennaise et la Limbourgeoise planeront déjà sur une autre planète, étant assurées de posséder quelque 3000 (!) unités d'avance sur leur nouvelle dauphine, Amélie Mauresmo. Et ce ne sont pas les incertitudes planant sur la motivation d'une Serena Williams qui feront en sorte de rassurer. Quel contraste, en tout cas, avec les continuelles empoignades propres au tableau masculin!

«Il est clair que ce serait bien pour le tennis féminin de voir les soeurs Williams revenir le plus rapidement possible sur le circuit », admit Justine Henin, dans la foulée de sa victoire contre Fabiola Zuluaga. «Nous aimerions toutes que le niveau de la compétition soit le meilleur. Ce n'est cependant pas notre faute si elles ont été blessées durant la deuxième moitié de la saison, ou si Venus n'est pas encore à niveau après six mois sans tennis. Il y a tout de même eu de très bons matches dans ce tournoi malgré leur absence. Je crois que tout le monde sera heureux de les revoir.»

Kim Clijsters abondait dans le même sens: «C'est vrai que cela devient une habitude de voir des finales 100pc belges en Grand Chelem. Il se peut que les gens commencent à avoir le même sentiment qu'avec les soeurs Williams. Ils doivent peut-être craindre que cela ne devienne la même histoire. Je trouverais pour ma part chouette qu'elles reviennent. Je me réjouis toujours de pouvoir affronter les meilleures. Cela ne me dérangerait pas de devoir les rencontrer en demi-finale...»

Au-dessus du lot

Nos deux ambassadrices n'ont sans doute jamais eu la vie aussi facile que lors de cet Open d'Australie, où elles n'ont pas concédé le moindre set. A titre de comparaison l'année passée, à Melbourne, Henin avait dû se débarrasser de Davenport dès les huitièmes de finale avant de céder face à Venus Wiliams en demi. Clijsters, elle, avait été accrochée par Myskina en quart de finale avant de reconnaître la suprématie de Serena en finale. A Roland Garros, la Limbourgeoise n'avait perdu qu'une seule manche, devant Magdalena Maleeva en huitième, pour se hisser en finale, où l'Ardennaise était parvenue après avoir concédé un set à Patty Schnyder au même stade et un autre à Serena Williams lors d'une rencontre homérique en demi. A Wimbledon, en demi-finale, Henin s'est alors cassé les dents sur Serena tandis que Clijsters n'a pas franchi l'écueil Venus. Enfin, à l'US Open, Justine a successivement battu Myskina, Capriati et Kim, qui avait pour sa part éliminé Mauresmo et Davenport.

Bref, en l'absence des soeurs Williams, de Capriati et de Mauresmo, et sous réserve d'un faux pas, Justine et Kim sont tout simplement au-dessus du lot. Faut-il s'en plaindre?

© La Libre Belgique 2004