Zverev n'avait jamais dépassé les quarts du tournoi indoor parisien (2018) et le Russe le 2e tour. En 8 participations, Nadal y a atteint la finale en 2007 mais ne s'est jamais imposé.

De là à y voir une malédiction ? "Pas du tout !, s'est exclamé l'Espagnol. C'est quasiment mon premier tournoi sur dur de toute l'année, c'est une surface compliquée pour moi, je suis venu ici quand j'ai pu et c'est vrai que j'ai eu des problèmes ici, mais j'ai toujours été au moins en quarts de finale, il n'y a aucune malédiction. A part que d'autres ont joué mieux que moi..."

Très tôt dans la partie, en effet, Zverev a imposé son emprise: il a fait le break dans la première manche pour mener 2-1 et a tenu sa mise en jeu sans trembler, jusqu'au bout.

Puissant au service, solide dans l'échange et efficace en toucher, il a semblé devoir rejouer le même scénario dans la seconde manche lorsqu'il a pris le service de Nadal pour mener là encore 2-1.

Cette fois, pourtant, l'Espagnol a été plus coriace. Une première fois il a eu l'occasion de revenir à 3-3, mais Zverev a sauvé la balle de break au terme d'un magnifique échange.

Sur sa lancée, l'Allemand s'est offert trois balles de double break (0-40), mais Nadal est revenu, a encore effacé une balle de break avant de sauver sa mise en jeu.

"Trop tard"

Et alors que le roi de Roland-Garros semblait pouvoir -peut-être- renverser la partie après avoir effacé son break de retard, c'est Zverev qui a su faire le dernier effort. En breakant pour mener 6-5, il s'est mis en position de servir pour le match.

Et il n'a pas manqué l'occasion: en un clin d'oeil il s'est offert trois balles de match (40-0) et, malgré une double faute, il a conclu sur la 2e.

"Il joue très bien, il vient de gagner deux tournois, il est très en confiance, son service est énorme. J'ai mieux retourné que les autres jours mais, au début, c'était impossible, il servait des bombes et choisissait les bonnes zones tout le temps, je crois que j'ai compris trop tard qu'il fallait que je recule (au retour)", a analysé Nadal.

Les ennuis que Zverev rencontre dans sa vie privée, et notamment les accusations de violences lancées par une ex-petite amie, ne semblent pas avoir eu d'effet négatif sur son jeu.

En quête d'un troisième trophée consécutif après ses titres dans les deux tournois joués coup sur coup à Cologne (Allemagne) en octobre, l'Allemand de 23 ans étire ainsi à 12 sa série de victoires consécutives. Sa dernière défaite remonte aux huitièmes de finale de Roland-Garros, face au jeune Italien Jannik Sinner.

Finaliste du dernier US Open, il tentera de décrocher son 4e titre en Masters 1000 après Rome et le Canada en 2017, année de son éclosion, et Madrid en 2018, année où il a remporté les Masters de Londres qui réunissent les 8 meilleurs joueurs de la saison.

Il y sera de nouveau cette année, aux côtés de Novak Djokovic, Rafael Nadal, Dominic Thiem, Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas, Andrey Rublev et Diego Schwartzman.