La raquette de diamants du tournoi d'Anvers est la marque de fabrique de ces Proximus Diamond Games. En six éditions, l'objet tant convoité par ces joueuses n'a toujours pas été délogé de la Métropole. Si Venus Williams avait été à deux doigts, en 2005, de ravir la raquette d'une valeur estimée à un million d'euros, cette année, elle doit repartir à zéro vu que ses succès en 2002 et 2003 sont devenus caducs.

"Je reviendrai à Anvers tant que je n'aurai pas remporté la raquette de diamants", martelait l'Américaine en 2005. Afin de se parer d'or et de diamants, une joueuse doit s'imposer à trois reprises en cinq ans. Vu le double succès de la Française Amélie Mauresmo en 2005 et en 2006, il lui reste trois ans pour s'illustrer à Anvers. Autant dire que ses chances sont réelles de la voir ramener dans ses valises la raquette, malgré la meute de prétendants cette année : Kim Clijsters (WTA 4), Nadia Petrova (WTA 7), Elena Dementieva (WTA 8) ou encore Patty Schnyder (WTA 11). Ce constat n'inquiète pas le créateur de la raquette, Willy Henneuse.

Sans la raquette d'or et de diamants, la réputation de ces Proximus Diamond Games ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. Comment en 2002 l'idée de créer ce prix a-t-elle (re) fait surface ?

En fait, j'ai rencontré Rob Discart et Bob Verbeeck lorsque le Tour de France avait fait étape en 2001 à Anvers. Je me souviens que nous avions évoqué à l'époque la possibilité de remettre un prix spécial pour marquer la journée. J'avais taillé un diamant d'une valeur d'un million de francs belges pour le vainqueur de l'étape qui était... Marc Wauters. Ce prix a eu un fort retentissement. Quelques mois plus tard, j'ai rencontré Bob Verbeeck qui songeait sérieusement à mettre sur pied un tournoi de tennis dans la Métropole avec un prix spécial. Comme pour l'ECC, l'idée de la raquette a resurgi. Personnellement, je n'ai rien à voir avec l'ECC. Le 16 décembre 2001, Bob Verbeeck m'a demandé de créer une raquette pour son tournoi qui débutait en février. Ce défi excitant ressemblait à une mission impossible. J'ai travaillé jour et nuit durant 60 jours pour confectionner cette raquette comportant 274 carats de diamants et quatre kilos d'or. Mon entourage a souffert surtout ma femme Chantal Florizoone qui m'a toujours apporté un soutien indéfectible.

Où se trouve la raquette durant l'année ?

La raquette ?.... Durant l'année ?.... (temps d'attente). C'est un secret. Je ne peux rien dire. Comme je ne peux dévoiler les mesures de sécurité draconiennes autour de la raquette.

Et ses répliques ?

Il n'existe aucune réplique. La raquette est une pièce unique. Pour l'ECC, apparemment, il en existait d'autres dont l'original, remporté par Ivan Lendl qui est le clou du musée du diamant à Anvers. Mon oeuvre est unique.

Revenons au tournoi féminin. Cette année, la probabilité que la raquette quitte la Belgique pour la France est réelle. Si Amélie Mauresmo l'emporte serez-vous déçu ?

Déçu ? Non. Plutôt ému. La raquette arrivera lundi au Sportpaleis. Dimanche, elle retournera dans "sa" maison secrète sauf si Amélie Mauresmo gagne le tournoi. Je considère cet objet comme mon enfant. Je serais très touché de le voir quitter le pays comme un papa qui voit son fils quitter la maison. Je serais content si Mauresmo la conquiert cette année. Une joueuse qui remporte le tournoi à trois reprises en trois ans mérite la raquette. Pour élever ce "fils", j'ai rendu mon entourage complètement fou, mais je connaissais les règles du jeu. Je les respecte.