La casquette vissée en arrière, Lleyton Hewitt tempête, grogne, hurle sa colère. Exhibition ou pas, chaque défaite lui fait mal. Et celle qu'il vient de subir face à l'Américain James Blake, en finale de la Hopman Cup, lui reste manifestement en travers de la gorge. Peu lui importe si ses compatriotes, nombreux à l'admirer, lui font tout de suite comprendre que cet échec n'a, à leurs yeux, aucune conséquence.

Lleyton Hewitt est donc bien conscient des responsabilités, énormes, qui reposent sur ses épaules de numéro 1 mondial. Un poids qu'il veut totalement assumer et qu'il est même prêt à grossir davantage, puisqu'à Perth, celui qui fut vainqueur à Wimbledon en 2002 et à l'US Open en 2001, a indiqué qu'il visait la victoire dans les quatre tournois du Grand Chelem en 2003. Ni plus ni moins, même s'il faut évidemment teinter ce rêve d'une forte couche de réalité, une réalité qui ne lui échappe pas.

`J'aimerais, en effet, gagner les quatre tournois majeurs, a déclaré le joueur d'Adelaïde, mais c'est évidemment une tâche très dure. C'est pourquoi j'affirme aussi que si je peux gagner un autre tournoi majeur dans l'année, j'aurais connu une grande saison. Car, actuellement dans le tennis masculin, il est très difficile mentalement et physiquement de se présenter pour aligner sept matches au meilleur des cinq sets sur toutes les surfaces.´

Evidence à laquelle ont été confrontés, avant lui, des personnages de la carrure de Pete Sampras ou d'Andre Agassi.

Des adversaires qu'il croisera sur sa route en 2003, route qui croisera aussi les ambitions d'une meute de jeunes loups aux dents acérées pour mordre bien profondément à la fois dans la terre battue, le gazon ou le ciment.

`Les trois meilleurs tournois du Grand Chelem, pour moi, seront l'Open d'Australie, Wimbledon et l'US Open, a poursuivi le joueur australien. Je me donne toutes les chances de l'emporter quand je viens dans ces tournois et quiconque remporte un tournoi majeur a une très bonne chance de devenir numéro un mondial à la fin de l'année.´

Gagner chez lui

Mais on devine, secrètement, à quelques phrases extraites de ses récents discours, que Lleyton Hewitt, avant tout, rêve d'enfin s'imposer chez lui, donc dans cet Open d'Australie qui, jusqu'ici, l'a boudé alors qu'il y entrait comme grandissime favori.

`L'Open d'Australie est l'un des deux tournois du Grand Chelem, avec Roland-Garros, que je n'ai pas été capable de gagner. En tant qu'Australien, le Melbourne Park, où je viens depuis l'âge de 10 ans, est un endroit très spécial, a souligné Hewitt. Les deux dernières fois, j'y ai été malchanceux. Au début de cette année, j'ai eu la varicelle et l'année précédente j'avais hérité d'un tirage au sort extrêmement difficile. Vous avez besoin d'un peu de chance dans les tournois du Grand Chelem et, si la fortune me sourit, je sens que je possède une chance réelle de bien faire cette année´, a rappelé l'Australien.

Nous partageons son analyse.

Encore qu'entre chaud et show, Melbourne a souvent misé sur la surprise...

© Les Sports 2003