Le Britannique Greg Rusedski (N.23) a fait grosse impression, vendredi, sur le central de Wimbledon, en dominant l'Américain Andy Roddick (N.11) en 16e de finale du plus grand tournoi de tennis sur gazon du monde, et de son pays d'adoption, devant un public londonien ravi.

Au concours de tirs à vue entre deux des meilleures gâchettes du circuit, le natif de Montréal (Canada), qui pointait dans le Top 10 en 1997 et 1998, n'a laissé aucune chance au jeune blanc-bec du Nebraska, pas encore 20 ans: 6-3, 6-4, 6-2, histoire de montrer que le «vieux » Greg, 28 ans, n'est pas encore perdu pour le tennis.

En cette année des surprises et des revenants, l'Australien Mark Philippoussis et le Néerlandais Richard Krajicek, de retour de blessure, ont montré eux aussi qu'ils étaient en train de retrouver le chemin de la grande forme. Ils seront opposés lundi en huitièmes de finale.

Philippoussis, 25 ans, finaliste de l'US Open en 1998, mais opéré trois fois du genou gauche en l'espace de 14 mois, a assommé l'Allemand Nicolas Kiefer à grands coups d'aces: 33 au total, après avoir laissé échapper le premier set en concédant son service par inadvertance dès le premier jeu.

Le score, 3-6, 6-3, 6-4, 6-2, montre bien l'emprise qu'a eu l'Australien, 104e mondial, sur ce match face à l'ancien grand espoir allemand, 54e mondial et vainqueur sur gazon à Halle en 1999, en panne de victoires depuis plusieurs mois.

Malisse sort Kafelnikov

Pendant ce temps, Krajicek, 30 ans, théoriquement 1093e mondial après 18 mois de doutes et de rééducation, mais bénéficiant provisoirement d'un classement protégé (37e), jouait du coude, celui qui a été opéré en mars 2001, pour écarter le jeune Thaïlandais Paradorn Srichaphan, 23 ans et 67e mondial.

Srichaphan avait éliminé mercredi Andre Agassi en trois sets, alors que Krajicek, vainqueur de Wimbledon en 1996, avait dû batailler jusqu'à la tombée de la nuit pour se débarrasser d'un autre Américain, James Blake, 11-9 au cinquième set.

Comme souvent dans ce genre de circonstances, le Thaïlandais n'a pas survécu à son exploit. Il a bien commencé, faisant le break pour mener 3-1 puis 4-2 dans le premier set, puis sa flamme s'est éteinte et Krajicek a obtenu son billet pour la deuxième semaine, sur le score de 7-6 (7/5), 6-4, 6-2.

D'autres ont connu le même symptôme: le Suisse George Bastl, tombeur de Pete Sampras, n'a fait que deux jeux par set, battu 6-2, 6-2, 6-2 par le modeste Argentin David Nalbandian (N.28), et l'Auvelaisien Olivier Rochus, qui avait sorti Marat Safin, n'a pas fait un pli contre le Français Arnaud Clément, pas tellement plus grand que lui mais vainqueur 6-0, 7-5, 6-3.

L'honneur des Belges a été sauvé par Xavier Malisse (N.27), qui s'est chargé de couper, sur le central, la grosse tête de série du jour, histoire de faire respecter la nouvelle règle de ce Wimbledon 2002 sans pitié.

Le couperet est tombé sur celle du Russe Evgueni Kafelnikov (N.5), dégagé, comme beaucoup d'autres, en trois sets et sans fioritures: 7-6 (7/4), 7-5, 6-1.