Marat Safin (ATP 4) vit un automne magnifique. Vainqueur, dimanche, du tournoi Masters Series de Paris-Bercy pour la troisième fois de sa carrière, le Russe a retrouvé, en l'espace de deux mois, le niveau de jeu qui lui avait permis de se hisser à la première place mondiale il y a quatre ans et s'est, sans doute, érigé en favori pour le Masters, qui réunira, dans une semaine à Houston, les huit meilleurs joueurs de la saison.

«J'ai l'impression d'avoir encore mieux joué qu'à Madrid, a-t-il commenté après son succès. J'ai affiché un très bon niveau général. Mon coup droit était là, ma volée aussi. La grande différence avec Madrid est qu'en arrivant en Espagne, j'avais peur. Je croyais que je n'arriverais pas à me qualifier pour le Masters. Grâce à ma victoire là-bas et au jeu des forfaits, je savais que j'étais sûr de ma place avant de commencer. Toute pression avait disparu...»

Talentueux mais fantasque

Considéré comme l'un des joueurs les plus talentueux de sa génération, mais terriblement fantasque dans son comportement, Marat Safin a vécu une année 2004 en forme de montagnes... russes. Après sa place de finaliste à l'Australian Open, il a effectué une saison sur terre battue honorable, avant de sombrer complètement pendant l'été, s'inclinant au premier tour à Wimbledon et à l'US Open. Vainqueur ensuite à Pékin, à la mi-septembre, il est venu signer en Europe un fracassant retour sur le devant de la scène en réussissant à développer le tennis offensif de rêve qui lui avait permis de battre Pete Sampras en finale de l'US Open 2000.

«Il semblerait que pour des raisons qui m'échappent, je rencontre beaucoup de difficultés à être performant en milieu de saison. Pendant la tournée américaine, je me suis mis trop de pression. En cette fin d'année, du coup, je n'avais plus rien à perdre et j'ai laissé partir mes coups. Je me suis mis à pratiquer un superbe tennis.»

«J'ai envie de dormir»

Lauréat à Bercy pour la troisième fois en cinq éditions, le Moscovite de 24 ans a gagné trois nouvelles places dans la hiérarchie mondiale pour se hisser au quatrième rang, mais il a surtout fait le plein de confiance à la veille du Masters de Houston, la grand-messe de fin de saison. Roger Federer à court de compétition suite à une déchirure musculaire à la cuisse, Andy Roddick en perte de vitesse, sans jeu de mots, il apparaît même carrément comme le principal candidat au titre.

«Après cinq semaines de compétition d'affilée, j'ai surtout envie de dormir enfin dans mon propre lit ! sourit-il. Je crois, cela dit, que personne n'a hâte d'affronter Roger Federer. Il a vraiment trop bien joué cette année. Même Andy Roddick, qui a beaucoup progressé, n'a pas su faire grand-chose contre lui. Ce sera un sacré effort et un sacré défi pour moi de rivaliser avec lui...»

© Les Sports 2004