Roland-Garros est en train de devenir pour la Suissesse Martina Hingis (N.1) le même endroit maudit que pour l’Américain Pete Sampras, qui y a mis douze fois les pieds sans jamais parvenir à inscrire les Internationaux de France de tennis à son palmarès.

L’Américaine Jennifer Capriati (N.4) l’a en effet privée de sa troisième finale en la battant 6-4, 6-3, en 76 minutes, dans la deuxième demi-finale du simple dames, jeudi, à Roland Garros. C’est le septième échec parisien bu jusqu’à la lie par celle qui, n’ayant plus son jeu magique de naguère, n’en demeure pas moins à vingt ans et huit mois la N.1 mondiale.

Demi-finaliste en 1990 à l’âge de 14 ans, Capriati rencontrera samedi en finale Kim Clijsters (N.12), qui a battu Justine Henin (N.14), 2-6, 7-5, 6-3, en renversant dans la première demi-finale une situation sérieusement compromise pendant une heure. Le scénario avait été le même il y a trois mois dans la finale d’Indian Wells (Californie), quand Clijsters avait battu pour la première fois Henin après avoir subi deux défaites au cours de leurs deux premières rencontres, en 1998 et 1999.

Dans les deux sets, Hingis, finaliste à Roland-Garros en 1997 et 1999, prit le service de son adversaire dès le premier jeu avant d’être rejointe immédiatement et d’être contrainte de courir après le score. Elle ne fut jamais en mesure de reprendre l’avantage, même quand son adversaire, éprouvant une douleur à la hauteur du genou droit, fit deux fois appel à la soigneuse, à 4-1 et 4-3 dans le premier set.

Peur de gagner
Avec tout son riche arsenal technique, elle essaya bien de trouver la faille. Mais, face à une joueuse étonnante de présence et de puissance tranquille, on avait quelque peine à reconnaître la petite prodige qui se trouvait toujours là où tombait la balle. Il lui arrivait alors de ne pas commettre plus d’une dizaine de fautes directes, contre 42 aujourd’hui.

Jennifer Capriati, qui l’avait déjà battue en finale à Melbourne au mois de janvier exactement sur le même score, semble bien partie pour se retrouver dimanche au milieu du gué d’un Grand Chelem au cours de la même saison.

Henin aurait pu lui donner la réplique. La jeune Wallonne avait facilement remporté le premier set 6-2 en 28 minutes en prenant le service de Clijsters aux troisième et cinquième jeux. Elle semblait d’autant plus s’orienter vers un succès facile que son adversaire, qui s’était trompée de hausse en réglant sa raquette, n’en finissait pas de sortir des balles trop longues.

Mais la rencontre basculait soudain dans le 8e jeu du deuxième set. Quand Clijsters obtint sa première balle de break, alors que Henin en avait eu 13 en sa faveur jusque-là, et égalisa avec la seconde sur une double faute de sa rivale. Après l’avoir attirée deux fois au filet avec des amorties pour mieux la clouer au sol d’un passing, la brillante Henin avait cédé à la peur de gagner.

Dès lors, Clijsters retrouva se moyens. A elle l’honneur d’être la première Belge en finale d’un tournoi du Grand Chelem. (AFP)