La Française Mary Pierce, battue pour la deuxième fois en finale d’un tournoi du Grand Chelem cette saison, cette fois par la Belge Kim Clijsters (6-3, 6-1) à l’US Open, peut pourtant se montrer satisfaite de sa quinzaine new-yorkaise en particulier et de sa saison en général.

A première vue cette seconde correction de l’année subie samedi en à peine plus d’une heure (1h05) pourrait faire tache après celle subie à Roland-Garros (6-1, 6-1) face à l’autre Belge Justine Henin-Hardenne en 1h02.

Sans cesse poussée à la faute par la défense imperméable de Clijsters, la meilleure dans ce secteur depuis l’Espagnole Arantxa Sanchez, Pierce a craqué pour la sixième finale de sa carrière.

Elle voulait pourtant croire au cycle quinquennal qui lui avait permis de s’imposer en 1995 (Open d’Australie) et 2000 (Roland-Garros), consciente qu’à 30 ans les chances de revivre pareille aventure ne sont pas énormes.

Mais sa déception a été de courte durée.

Le temps de s’asseoir quelques minutes sur sa chaise pour observer sa rivale escalader la tribune toute à sa joie de ce premier succès après quatre tentatives infructueuses. Dès la conférence de presse le sourire était revenu.

«Il y a toujours une raison pour tout. Ce n’est pas le dénouement que j’aurais voulu mais je l’accepte », a, sereine, lâché «Mary », joueuse la plus âgée en finale d’un Grand chelem depuis Martina Navratilova en 1994 à Wimbledon (37 ans).

Retour sur terre

Des éléments concrets vont aider Pierce à digérer la défaite: D’abord ce tournoi lui a permis de compter quelques jolis succès. Elle a pu prendre sa revanche sur Justine Henin-Hardenne (6-3, 6-4) en huitième de finale. Ensuite, elle a battu nettement Amélie Mauresmo dans un duel franco-français toujours délicat (6-4, 6-1).

Enfin, elle a atteint le dernier carré, grâce à sa victoire (3-6, 6-2, 6-2) sur la Russe Elena Dementieva, finaliste l’an passé, soit des succès sur trois têtes de série (N.7, N.3 et N.6) en une semaine.

Un beau tableau de chasse, qui lui permettra de retrouver le Top 10 dès lundi prochain pour la première fois depuis avril 2001.

N.12 mondiale avant le rendez-vous new-yorkais, Pierce avait déjà effectué une belle progression au classement tout l’été, elle qui avait dégringolé à la 295e place en avril 2002, après une année 2001 de galère physique, et démarré la saison 2005 en 29e position.

Mais après quelques tournois de rodage, la finale de Roland-Garros lui avait permis de redécoller.

Une embellie confirmée cet été avec un quart de finale à Wimbledon, le meilleur résultat de sa carrière sur le gazon londonien, un succès à San Diego (le 17e de sa carrière) et sa belle quinzaine new-yorkaise.

Il lui faudra maintenant vite retomber sur terre car dès lundi, à son retour à Paris, l’attend une autre finale à préparer. Celle de la Fed Cup, le week-end prochain, sur la terre battue de Roland-Garros.

Un endroit où elle n’a pas tout perdu.