L'honneur de devenir la première Russe victorieuse d'un tournoi du Grand Chelem est revenu à Anastasia Myskina, n°5 mondiale et tête de série N.6, qui s'est montrée plus solide mentalement qu'Elena Dementieva (WTA 10/N.9), samedi en finale des Internationaux de France de tennis à Roland-Garros.

Myskina s'est imposée en deux sets 6-1, 6-2 et moins d'une heure de jeu (59 minutes) dans la finale la plus courte, tant en durée qu'en nombre de jeux, depuis 1988. Steffi Graf avait alors gagné 6-0, 6-0 en 34 minutes contre Natasha Zvereva, la dernière finaliste russe en date.

Mis à part ce détail statistique, la première finale 100% russe ne laissera probablement pas beaucoup de traces dans l'histoire du tennis.

Comme il était à craindre entre deux jeunes femmes qui disputaient à 22 ans leur première finale en Grand Chelem et avaient l'habitude de s'affronter depuis l'enfance, tout s'est joué sur la façon d'aborder le match mentalement.

Réputée plus fragile, Dementieva est entrée extrêmement crispée sur le court et n'a jamais pu se libérer. Elle a multiplié les doubles fautes et les erreurs non provoquées.

Myskina, parfaitement consciente du désarroi de son adversaire, n'a eu qu'à réciter son solide jeu de fond de court en variant les frappes et les angles pour provoquer la faute de son adversaire pétrifiée.

Si elle n'a réussi qu'un coup gagnant de plus que Dementieva (12 contre 11), elle a en revanche commis deux fois moins de fautes directes (17 contre 33) et de doubles fautes (5 contre 10).

- 3e mondiale lundi -

Myskina, qui a le mérite d'avoir cheminé dans la partie la plus difficile du tableau, éliminant Venus Williams (WTA 9), tête de série N.4, en quart de finale, puis Jennifer Capriati (WTA 6/N.7) en demi-finale, est une miraculée. En huitième de finale, elle avait dû écarter une balle de match contre sa compatriote Svetlana Kuznetsova (WTA 11/N.11) avant de l'emporter 8-6 au troisième set.

Avec cette victoire à Roland-Garros, elle confirme un talent qui avait tardé à s'exprimer en Grand chelem. La Russe avait réussi à se hisser presque incognito à la cinquième place mondiale grâce à sept succès sur le circuit de la WTA, le dernier à Doha au mois de mars, mais n'avait pu faire mieux que des quarts de finale à l'Open d'Australie (2003, 2004) et à l'US Open (2004) dans les épreuves majeures.

A Roland-Garros, elle n'avait jamais franchi le deuxième tour et s'était même fait battre à trois reprises au premier tour lors de ses quatre premières participations.

Pour confirmer sa place sur le podium mondial - elle sera troisième du classement WTA dès lundi - cette joueuse longiligne (1,75 m, 60 kg), à la gestuelle élégante, possède un jeu de fond de court très sûr, notamment en revers et un sens tactique affirmé.

En revanche, son manque de puissance pourrait lui poser de sérieux problèmes lorsque les grands noms du circuit, l'Américaine Serena Williams ou les Belges Kim Clijsters et Justine Henin-Hardenne, seront totalement rétablis de leurs ennuis physiques.